Gestion comptable et financement
Les sources de financement
Introduction
Les besoins de financement sont déterminés et évalués, dans les deux chapitres précédents, à partir des analyses d’exploitation, des suivis budgétaires, des besoins financiers selon la nature des projets d’investissement et des analyses des équilibres financiers.
Les besoins de financement concernent :
-des investissements techniques ;
-le cycle d’exploitation ;
-un besoin de trésorerie conjoncturel.
La règle essentielle à toute recherche de financement est l’anticipation, pour les raisons suivantes :
-le montage du dossier nécessite la réunion de nombreux documents et justificatifs, et prend toujours plus de temps qu’initialement prévu, en raison, notamment, du dialogue nécessaire avec le financeur public ou privé ;
-toutes les demandes ne reçoivent pas un avis favorable. Les attributions peuvent également être partielles dans un contexte général de baisse des ressources des collectivités territoriales ;
-les conditions sont toujours plus faciles à négocier « à froid » plutôt qu’en cas de besoin ou de difficultés.
Si les établissements bancaires sont les principaux interlocuteurs « classiques », il convient de rajouter également les collectivités territoriales et l’État pour les subventions d’exploitation et d’équilibre ainsi que pour les subventions d’investissement, qui représentent souvent une part essentielle du budget d’investissement des associations. La troisième catégorie est constituée de financeurs autres, organismes divers, partenaires privés ou autres intervenants du monde associatif.
Enfin, les financements peuvent être définitivement acquis, comme les subventions ou les apports, ou remboursables, comme les emprunts et avances.
Les financeurs
Les financeurs sont :
-les collectivités territoriales et l’État ;
-les établissements bancaires ;
-les financeurs divers.
Les relations avec ces divers financeurs sont déterminées par la nature des risques :
-relations avec les collectivités territoriales (affectation des fonds à l’objet défini par la convention, permettant l’attribution et le contrôle de fonds d’origine publique) ;
-relations avec les établissements bancaires (risque de non-remboursement ou risque de crédit, concernant des fonds d’origine privée) ;
-relations avec les autres financeurs (également conformité de l’affectation des fonds et contrepartie, pour des fonds d’origines privées telles que d’autres associations ou fondations, fonds de dotation, entreprises privées dans le cadre de mécénat ou d’actions caritatives, etc.).
Pour l’élargissement et l’assouplissement de l’octroi de prêts entre associations, (voir § 370).
Relations avec les collectivités territoriales et l’État
Différents interlocuteurs
Il n’y a généralement pas de choix à effectuer entre les différents interlocuteurs publics. Le financement résulte de l’attribution légale de compétence des services publics à déléguer ou à aider et du vote du budget. Selon l’objet statutaire de l’association et la nature des actions, la ou les collectivités territoriales, auxquelles s’ajoutent l’État et l’Union européenne, seront compétents pour attribuer un financement.
Relations avec les différents interlocuteurs
Ces financements doivent être prévus au budget voté des collectivités territoriales. Si les subventions sont habituelles, les prêts sont une pratique moins répandue, mais possible.
Les demandes sont conditionnées au dépôt d’un dossier s’appuyant :
-pour les subventions d’exploitation annuelles et répétitives, sur le budget de l’association à déposer généralement au début du dernier trimestre de l’année civile ;
-pour les subventions d’investissement, sur le dossier de financement ;
-pour les avances et emprunts, sur un dossier spécifique.
Le dossier unique de demande de subvention doit être utilisé pour toute association sollicitant une subvention auprès de l’État. Il peut être utilisé pour les collectivités territoriales et les établissements publics. Le formulaire Cerfa n° 12156*06 est téléchargeable sur le site « www.service-public.fr ».
Dans le cadre de la maîtrise des dépenses publiques, sont mises en place des conventions pluriannuelles avec des contraintes d’objectifs mesurables avec des critères définis.
De plus, certaines associations, comme les associations sportives, doivent être agréées. Celles-ci doivent remplir des obligations statutaires et être affiliées à une fédération sportive agréée.
Relations avec les établissements financiers
Les relations avec les banques, celles ayant un département spécial associations et les autres, s’appuient sur le risque de crédit, c’est-à-dire sur la capacité de l’association à rembourser son crédit ou son emprunt. Celui-ci est traduit dans le taux financier et les garanties. Ce taux est la combinaison du prix de l’argent sur le marché monétaire notamment, du coût du risque et de la marge de l’établissement financier. À ce taux, s’ajoutent des frais d’intervention et de dossiers, et des commissions.
Sélection de l’établissement bancaire
Certaines banques ont traditionnellement des départements dédiés aux associations et des antécédents importants de relations avec celles-ci. Ces banques sont notamment : la Banque Postale, les Caisses d’Épargne-Banques Populaires, le Crédit Coopératif, le Crédit Mutuel, le Crédit agricole ou la BRED. Celles-ci connaissent bien le « monde associatif », ses contraintes de financement ainsi que ses besoins, tels que le décalage dans le versement des subventions ou les capacités de remboursement compte tenu du report possible des excédents en diminution des subventions de l’exercice suivant.
Cependant, les autres banques généralistes peuvent offrir des services équivalents en fonction de relations privilégiées, de la proximité et de la qualité du dossier.
Relations avec l’établissement bancaire
La négociation préalable et les conditions bancaires. Ceux-ci font l’objet de tarifs obligatoirement communiqués et donnent lieu à une mise à jour annuelle par envoi postal.
Les conditions bancaires comprennent les jours de valeurs et les taux de référence.
Les jours de valeurs : il s’agit d’un décalage entre la date de l’opération et la date de l’écriture dans les comptes de la banque pour le calcul des intérêts débiteurs. Ceci conduit à augmenter la durée du découvert, et donc, à augmenter le coût de l'opération.
Les taux de référence :
-TBB : Taux de base bancaire, composé du taux du marché monétaire, prix en fonction duquel la banque se procure les fonds, augmenté de la marge de la banque, en rémunération de son service ;
-EONIA : Euro Overnight Index Average, taux au jour le jour du marché monétaire européen ;
-T4M : moyenne des « EONIA » du mois précédent ;
-EURIBOR (ou LIBOR) : taux du marché monétaire européen égal à la moyenne arithmétique des taux offerts sur le marché bancaire européen pour une échéance déterminée.
Les taux varient en fonction de la politique monétaire, de la situation économique de la zone euro par rapport aux marchés mondiaux, USA et Asie. Actuellement, les taux d’intérêts, compte tenu des difficultés économiques, sont maintenus à un niveau bas par les banques centrales, et à l'appui de la BCE, sans certitude d’une remontée prochaine en cas de redémarrage de l’économie européenne.
Frais bancaires divers. Ces frais recouvrent :
-la commission de mouvement qui est appliquée à l’ensemble des débits sur les comptes ;
-la commission fixe sur les frais de tenue du compte ;
-les frais d’opération de débit sur le compte ;
-les opérations de crédit sur le compte ;
-les commissions et frais de dossier sur opérations diverses : emprunt, intervention.
Prises de garanties demandées en fonction du crédit accordé et du bien financé. Ces prises de garanties recouvrent des sûretés réelles et d’autres garanties. Les sûretés réelles sont les suivantes :
-nantissement sur fonds de commerce ;
-nantissement de créances, cession « loi Dailly » ;
-hypothèque sur bien immobilier ou sur bail à construction ;
-gage sur matériels ;
-retenues de garanties sur mobilisations.
Les autres garanties sont les :
-fonds de garantie mutuelle auprès d’organismes ou de banques mutualistes ;
-cautions d’une autre association liée ou d’une fédération, à condition que les statuts le permettent ;
-garanties d’une collectivité territoriale en respect du code des collectivités, par caution d’un prêt bancaire dans des limites bien précises, d’objet et de montant ;
-cautions par un organisme.
Contrairement aux entreprises, la banque ne peut pas demander une caution personnelle du dirigeant en raison du caractère bénévole de la fonction et de l’absence d’appropriation privée.
Relations avec les autres financeurs
Les autres financeurs regroupent les tiers non directement liés à la puissance publique et au système bancaire : il peut s’agir d’autres personnes morales ou institutions et de particuliers.
Les personnes morales et institutions : entreprises, fondations, CAF… On peut également citer le réseau France Active, dont la mission est d’apporter aux porteurs de projets un accès au crédit, une expertise et un soutien financier (garanties sur emprunts bancaires et prêts).
Les particuliers : ceux-ci agissent dans un but d’intérêt général qui peut être accompagné et incité par un intérêt fiscal dans le cadre des dons essentiellement.
Les différents financements
Financements des collectivités territoriales
Subventions d’exploitation
La loi ESS du 31 juillet 2014 a donné un cadre juridique aux subventions publiques, qui permet de sécuriser les relations avec les organismes publics (voir § 4935).
Les subventions publiques sont de plusieurs natures : dotations de fonctionnement, aides ou subventions d’équilibre.
Les dotations de fonctionnement sont les contreparties des prestations rendues par l’association remplissant généralement un service public sur délégation formalisée ou dans un but d’intérêt général. Elles comprennent notamment les prix de journées pour les établissements sanitaires et sociaux, les subventions pour les politiques locales d’insertion.
Les aides ou subventions d’équilibre, pour leur part, peuvent être versées par une collectivité en complément de subventions de fonctionnement.
Emprunts et avances
Une collectivité territoriale peut accorder un prêt à une association à un taux nul ou préférentiel. Comme tout financement, celui-ci doit être inscrit au budget de la collectivité et satisfaire l’intérêt public.
Une collectivité peut accorder une garantie de remboursement sur emprunt bancaire. En cas de mise en jeu de la garantie lors d’une défaillance, la collectivité, après paiement, met en place un prêt remboursable par l’association.
Mises à disposition de biens, de personnels ou de services publics
Elles peuvent recouvrir :
-la mise à disposition de biens meubles ou de biens immeubles, telle que la mise à disposition, par une commune, d’une salle de spectacle à une association gérant une scène nationale et une salle de cinéma classée d’art et d’essai ;
Cette mise à disposition peut prendre la forme d’un bail à construction d’un terrain pour un loyer modeste ou nul. Elle est complétée par une subvention d’investissement pour la construction du bâtiment. à l’échéance du bail à construction, l’ensemble immobilier retourne au bailleur sans acte.
Une commune met fréquemment à disposition des installations sportives : stades, tennis…
En contrepartie, l’occupation d’un immeuble du domaine public donne lieu au versement d’une redevance.
-la mise à disposition de personnes.
Si elles sont significatives, ces mises à disposition (de biens meubles ou immeubles, ou de personnes) doivent faire l’objet d’une information dans l’annexe aux comptes annuels et doivent être comptabilisées lorsqu'elles peuvent être évaluées quantitativement et qualitativement.
Financements des établissements bancaires
Crédits à court terme
Il peut s’agir de crédits de trésorerie pour le financement des besoins liés au cycle d’exploitation des associations comprenant :
-la facilité de caisse, représentant une avance de courte durée entre encaissements clients/décaissements fournisseurs ;
-le découvert bancaire, qui est une avance en compte courant permettant à l’association de laisser son compte devenir débiteur selon des modalités plus formalisées que la facilité de caisse pour la durée et le montant.
Il peut s’agir également des crédits de mobilisation permettant d’anticiper le règlement de subventions ou de clients auxquels l’association a accordé un délai de paiement tels que :
-l’escompte commercial (existence de clients privés émettant des traites) ;
-le financement Dailly (cession d’une créance sur une collectivité territoriale, par exemple une convention de subvention) ;
-l’affacturage (le financement peut alors être complété d’autres aspects de gestion du compte client comme l’assurance et le recouvrement).
Crédits à moyen ou long terme
L’emprunt est à moyen terme pour une durée de 2 à 7 ans et à long terme pour une durée plus longue.
Ils concernent les besoins en fonds de roulement/FDR, ou les investissements.
Pour les investissements, les conditions d’attribution sont les suivantes :
-le montant du prêt ne représente pas la totalité de l’investissement. Celui-ci doit être complété par une subvention d’investissement et par une partie d’autofinancement de l’association ;
-la durée du prêt ne doit pas être inférieure à la durée de vie de l’investissement. En effet, l’amortissement est une composante de la capacité d’autofinancement permettant le remboursement du prêt et une association dispose rarement des excédents suffisants permettant de raccourcir la durée de remboursement.
Le taux d’intérêt peut être fixe ou variable. Il est généralement, au début, plus faible mais est susceptible d’évoluer en fonction du taux du marché monétaire. Des outils de couverture permettent de limiter l’augmentation du taux variable.
Crédit-bail
C’est un contrat de location de biens mobiliers ou immobiliers donnant au locataire la possibilité d’acquérir à échéance les biens loués pour une valeur résiduelle, généralement modique, un dernier loyer ou un pourcentage faible de la valeur d’origine. Le crédit-bail comporte deux phases différenciées consistant en une première phase de location suivie par une seconde phase liée à la levée d’une option.
Pour la phase de location, le leasing est d’abord conclu pour une première période irrévocable et reste la propriété de l’organisme de crédit-bail, ce qui permet de le financer en totalité et de ne pas prendre de garanties. Le loyer comprend à la fois le remboursement du capital et les frais financiers, ce qui permet la comparaison avec les échéances d’un emprunt classique.
La seconde phase de levée de l’option au prix contractuel entraîne le transfert de propriété.
Le crédit-bail peut être intégré à un lease-back consistant en la cession d’un bien immobilier ou mobilier détenu par l’association, ce qui permet de recevoir un financement, lié à une formule de location assortie d’une promesse unilatérale de vente.
Les autres financements
Apports
Il peut être fait appel à des partenaires publics, à des associations « partenaires » aux dons pour renforcer les fonds associatifs.
Plusieurs organismes proposent, notamment, des apports :
-le contrat d’apport associatif par le réseau France active (www.franceactive.org) pour renforcer les fonds propres des associations d’utilité sociale. Il s’agit d’un apport en fonds associatif avec droit de reprise pour financer des investissements ou le besoin en fonds de roulement (BFR) liés à la création ou au développement de l’association. Il n’a pas vocation à financer l’exploitation ou les pertes. Il vient généralement en complément d’autres financements ;
-le renforcement des fonds propres des associations créant des emplois pour des personnes en situation précaire par la société d’investissement France active. Celui-ci prend la forme d’un prêt participatif en complément d’autres financements tels que ceux du fonds commun de placement insertion emploi.
Mécénats, parrainages, dons et libéralités
Le mécénat (loi 2003-709 du 1er août 2003). Il s’agit d’un soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une œuvre ou une personne pour l’exercice d’activités se situant en France et présentant un intérêt général comme la culture, le sport, la recherche, l’éducation ou l’environnement. Il s’agit donc d’un don présentant des avantages fiscaux si la contrepartie directe est inférieure à 25 % de son montant.
Le cadre juridique et fiscal du mécénat culturel est la loi « Aillagon », qui étend le mécénat à d’autres intervenants que les grands groupes comme les PME et les particuliers (loi 2003-709 du 1er août 2003). Ses applications les plus connues sont la restauration de la galerie des glaces du château de Versailles, celle des statues du parc ainsi que, plus récemment, la rénovation de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Les trois formes principales sont :
-le mécénat financier : apport d’un montant en numéraire à une structure éligible au mécénat, bénéficiant de réductions fiscales ;
-le mécénat en nature : prêt d’immobilisation ou de personnel ;
-le mécénat de compétences : sous forme de prestations de services et de prêt de main-d’œuvre.
Le parrainage, ou sponsoring, est une démarche publicitaire avec une recherche de retombées économiques. Une prestation est rendue en contrepartie et une facturation doit être effectuée.
Subventions
Les associations peuvent recevoir des subventions d’autres associations ou organismes auxquels elles sont liées ou non, comme les subventions de ligues ou de fédérations : ceci concerne notamment les associations sportives dans le but de favoriser certaines pratiques et certains publics comme les jeunes et les handicapés.
Contributions volontaires
Les contributions volontaires sont, par nature, effectuées à titre gratuit. Il peut y avoir cependant remboursement des frais réels engagés par les bénévoles. Ceux-ci peuvent être abandonnés.
Elles peuvent recouvrir :
-la mise à disposition de personnes ;
-l’attribution de marchandises (dons par les supermarchés à l’association des Restos du cœur, redistribution au niveau local de denrées achetées avec des fonds collectés au niveau national par une ligue d’assistance aux personnes en difficultés) ;
-la mise à disposition de biens meubles ou immeubles.
Si elles sont significatives, elles doivent faire l’objet d’une information dans l’annexe aux comptes annuels et être comptabilisées si elles peuvent être évaluées quantitativement et qualitativement.
Les conséquences des financements
Communication et information financière
Communication financière
L’objectif principal de la communication et de la diffusion de l’information financière est le contrôle de l’affectation des fonds attribués par l’organisme verseur et par les diverses autorités de contrôle.
Pour les subventions à reconduire, la communication est également une des conditions obligatoires.
Les financeurs demandent donc communication des comptes annuels (bilan, compte de résultat et annexes), du compte emploi des ressources (CER), le cas échéant, de la liasse fiscale, si l’association dépasse les seuils, des rapports du commissaire aux comptes ainsi que de ceux présentés à l’assemblée générale.
Le partenaire principal public est souvent membre de droit dans les organes délibérants de l’association.
Démarche qualité
Par ailleurs, se développent des labellisations pour conforter, dans un premier temps, les donateurs, mais qui permettent de donner une image de qualité et de confiance. La profession comptable accompagne deux associations développant ces initiatives :
-Don en confiance (comité de la Charte) (www.donenconfiance.org). Il s'agit d'un organisme d’agrément et de contrôle des associations et fondations faisant appel à la générosité publique. Le référentiel repose sur quatre grands principes : fonctionnement statutaire et gestion désintéressée, gestion rigoureuse, qualité de la communication et de la collecte de fonds, et enfin transparence financière à l’égard des donateurs ;
-IDEAS (www.ideas.asso.fr). Cet organisme accompagne le développement par attribution d’un label. Le référentiel repose sur une démarche qualité construite sur la base de la méthode OVAR (Objectifs/Variables d’Actions/Responsables) mise au point par HEC et adaptée aux besoins du secteur non lucratif avec un guide des bonnes pratiques.
Évaluation
Au-delà de l’évaluation comptable, l’association bénéficiaire doit mettre en place les éléments d’une évaluation de l’affectation des financements reçus et de retour sur investissement.
Les contrôles doivent être anticipés pour éviter les risques juridiques (illégalité, gestion de fait…) et fiscaux.
Difficultés financières
Médiation du crédit
Les associations comme les entreprises du secteur marchand ont été touchées par les difficultés économiques débutées en 2008/2009. Une partie importante étant d’origine publique, ces ressources se sont raréfiées en raison de l’endettement et du déficit budgétaire de l’État ainsi que de la moindre collecte fiscale des collectivités locales, baisse des bases, réforme des taxes locales… À ceci, s’ajoutent la réforme des politiques publiques de l’État et la décentralisation.
En cas de difficultés avec les établissements bancaires, l’association peut saisir le médiateur du crédit pour solutionner les problèmes de financement à court terme et moyen terme, « www.economie.gouv.fr », rubrique « mediateurcredit ».
Ce service a été mis en place dans le cadre du soutien aux entreprises en 2009 et concerne les associations assujetties aux impôts commerciaux (impôt sociétés, TVA et CET). Il faut constituer un « dossier de médiation » en sollicitant l’assistance d’un tiers de confiance sur le site. La médiation débute dès la réception de l’accusé de réception du dossier. Les banques concernées sont informées de la démarche et ont 5 jours pour confirmer leur position ou décider de la réviser. Passé ce délai, le dossier est transmis au médiateur départemental, qui a aussi 5 jours ouvrés pour examiner le dossier et informer des mesures pour solutionner les difficultés.
Échelonnement des dettes fiscales et sociales
Face à des difficultés conjoncturelles, en cas de difficultés pour régler ses obligations fiscales et sociales auprès de l’URSSAF, de France Travail, des caisses diverses ou du service des impôts, l’association peut négocier avec chaque interlocuteur pour obtenir des délais de paiement et des remises de majorations :
-pour l’URSSAF et France Travail, il faut s’acquitter de la part salariale avant la demande ;
-pour l’ensemble des interlocuteurs, il faut déposer les déclarations dans les délais.
Procédures devant le tribunal judiciaire ou le tribunal des activités économiques (TAE)
Procédure de conciliation. L’ouverture de la conciliation se fait par décision du président du tribunal judiciaire, sous réserve de la compétence attribuée aux 12 TAE (tribunaux des activités économiques) depuis le 1er janvier 2025 et pour 4 ans (loi 2023-1059 du 20 novembre 2023) (voir § 449), sur requête des dirigeants de l’association. L’association ne doit pas être en cessation de paiements. L’ouverture de cette procédure ne suspend pas les poursuites.
Les dirigeants restent en fonction pendant que le conciliateur, professionnel extérieur, les aide à analyser la situation et les difficultés, et à rechercher des solutions de redressement. Le conciliateur établit un plan d’étalement et de réduction des dettes traduit par un accord amiable avec les principaux créanciers. Pendant la procédure, l’association ne peut pas être mise en redressement ou en liquidation judiciaires. Cet accord peut :
-faire l’objet d’un constat par le président du tribunal qui lui donne force exécutoire et lui garde son caractère confidentiel ;
-être homologué par le tribunal, ce qui lui retire tout caractère de confidentialité (l’accord sera déposé au greffe et publié).
L’accord, constaté ou homologué, suspend toute action en justice et toute poursuite individuelle à l’encontre du débiteur dans le but d’obtenir le paiement des créances qui en font l’objet.
En cas d’inexécution des engagements résultant de l’accord, le tribunal prononce la résolution de celui-ci ainsi que la déchéance de tout délai de paiement accordé.
Procédure de sauvegarde. Elle intervient également avant la constatation de la cessation des paiements. Elle a pour but de favoriser la réorganisation de l’association en difficulté afin de permettre la poursuite de son activité, le maintien des emplois et l’apurement du passif. En l’absence de cessation des paiements, l’AGS n’intervient pas, sauf pour certaines indemnités de rupture. Un mandataire judiciaire est alors désigné avec pour mission d’établir un bilan économique, social et environnemental de l’entreprise et éventuellement le projet de plan de sauvegarde. Pendant toute la procédure, le dirigeant conserve l’administration de l’association. La procédure aboutit à un plan de sauvegarde, arrêté par le tribunal judiciaire, avec plusieurs possibilités :
-remise partielle et réduction des délais ;
-pas de remise et paiement sur la durée du plan.
En cas d’inexécution du plan, généralement en cas de survenance de la cessation des paiements, le tribunal judiciaire décide la résolution du plan et la transformation en redressement ou en liquidation judiciaires si la situation paraît compromise.
Redressement judiciaire. Cette procédure est ouverte en cas de cessation des paiements, quand l’association ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible. La saisine du tribunal judiciaire doit être faite dans les 45 jours qui suivent la cessation.
Une période d’observation est ouverte pour 6 mois renouvelables une fois.
La procédure est comparable à la sauvegarde avec, cependant, une assistance et une surveillance accrues par les mandataires de justice désignés en ce qui concerne le patrimoine de l’association, la gestion courante, les licenciements éventuels. Celle-ci débouche sur un plan de redressement ou la liquidation, si celui-ci n’est pas réalisable.
Liquidation judiciaire. Cette procédure conduit à la cessation d’activité et à la réalisation du patrimoine. L’administration est assurée par le liquidateur judiciaire pour les besoins de cessions des actifs et de clôture des opérations de liquidation.
Une procédure simplifiée peut être appliquée pour réduire les frais de justice ; elle est obligatoire lorsque l’association ne possède pas de bien immobilier, a des recettes inférieures à 750 000 € et n’emploie pas plus de 5 salariés.
La loi sur l’Économie Sociale et Solidaire (loi ESS) du 31 juillet 2014
La loi 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’Économie Sociale et Solidaire est venue définir la notion d’entreprise de l’Économie Sociale et Solidaire qui en plus des acteurs connus telles que les associations, mutuelles, coopératives et fondations intègre désormais certaines sociétés commerciales poursuivant un objectif d’utilité sociale.
Les principales mesures pour le financement des associations résident dans :
-une définition claire des entreprises de l’ESS permettant de faciliter les financements (mise en place de dispositifs de prêts et d’investissement en fonds propres cofinancés par BPIfrance et des investisseurs privés) ;
-la création d’un cadre juridique dans lequel de nouveaux financements pourront être développés ;
-la clarification du régime juridique de la subvention.
Mise en place de nouveaux financements adaptés. Concrètement, en appartenant à l’ESS, les associations peuvent :
-avoir accès aux financements dédiés de la BPI ;
-avoir accès aux Fonds d’innovation sociale, co-financés par l’État et les Régions.
Dans le cadre de la loi ESS, la BPI met également en place :
-une garantie associative : il s’agit d’une garantie sur les prêts bancaires destinée aux associations qui assurent des missions de service public dans le secteur médico-social, l’éducation, la formation et la lutte contre les exclusions ;
-le prêt participatif et solidaire : il s’agit d’une avance remboursable, octroyée dans le cadre d’un co-financement d’un montant variant entre 10 000 et 50 000 €. La durée du prêt est de 7 ans avec 2 ans de différé de remboursement. Les conditions d’octroi de ces avances restent à définir.
Définition claire de la notion de subvention. Jusqu’à présent, la notion de subvention n’était définie que de façon jurisprudentielle. L’article 59 de la loi 2014-856 définit la notion de subvention comme suit :
« Constituent des subventions les contributions facultatives de toute nature, valorisées dans l’acte d’attribution, décidées par les autorités administratives et les organismes chargés de gestion d’un service public, industriel et commercial, justifiées par un intérêt général et destinées à la réalisation d’une action ou d’un projet d’investissement, à la contribution au développement d’activités ou au financement global de l’activité de l’organisme de droit privé bénéficiaire. Ces actions, projets ou activités sont initiés, définis et mis en œuvre par les organismes de droit privé bénéficiaires. Ces contributions ne peuvent constituer la rémunération de prestations individualisées répondant aux besoins ou organismes qui les accordent ».
Une telle définition permet donc de sécuriser juridiquement la subvention dans la mesure où elle la distingue très clairement de la commande publique.





