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2 - Quel régime social en location meublée ?

Nous proposons de comparer les revenus de la location meublée soumis aux prélèvements sociaux et ceux soumis aux cotisations de la sécurité sociale des indépendants, après la réforme issue de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2021.

L'essentiel

Lorsque l'activité est exercée à titre individuel, la distinction entre loueur professionnel et loueur non professionnel détermine le régime applicable. / 2-2 à 2-4

Lorsque l'activité est exercée par une entité semi-transparente fiscalement, il convient d'examiner le statut du gérant. / 2-5 à 2-9

Prélèvements sociaux ou cotisations sociales des indépendants ? Un examen des cas de figures possibles est proposé. / 2-11 à 2-15

Certains loueurs en meublé peuvent opter pour le régime social des salariés ou le régime micro social. / 2-16 à 2-21

Des cas pratiques illustrent la comparaison entre les différents régimes. / 2-22 à 2-28

Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine ou cotisations sociales SSI ?

2-1

Les revenus nets (résultat fiscal qui correspond aux revenus nets de charges déductibles sur le plan fiscal) sont assujettis :

-soit aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) ;

-soit aux cotisations sociales (lesquelles comprennent la CSG et la CRDS) sur les revenus d’activité de la sécurité sociale des indépendants (SSI).

Dans le premier cas, les prélèvements sociaux sont assimilables à un impôt, en ce qu’ils n’ouvrent pas droit à prestation différée.

Dans le second cas, les cotisations sociales SSI sont productives de droits différés, en particulier de droits à retraite.

Comme nous l’indiquons infra, les cotisations sociales SSI sont sensiblement plus élevées que les prélèvements sociaux. Pour autant, outre le fait que les cotisations sociales SSI sont génératrices de droits différés, nous rappelons qu’elles sont pour la majorité déductibles du résultat fiscal. Ce mécanisme de déductibilité induit une atténuation de leur poids rapporté au revenu généré. Un exemple illustre nos propos (voir §§ 2-22 à 2-24).

Attention toutefois, lorsque les investisseurs ont liquidé leurs droits à la retraite, la part des cotisations sociales relatives au financement de la retraite n’est pas génératrice de droits supplémentaires. Les cotisations sont alors réalisées à fonds perdus.

Mode d’exercice de l’activité

Activité exercée en entreprise individuelle

Régime social des revenus locatifs

2-2

Lorsque l’activité est exercée en entreprise individuelle, le loueur en meublé est assujetti aux cotisations sociales sur les revenus d’activité (c. séc. soc. art. L. 611-1) s’il remplit l’une des deux conditions suivantes :

-il a le statut de loueur professionnel (LMP) à l’impôt sur le revenu (CGI art. 155, IV.2), c'est-à-dire qu’il remplit les deux conditions suivantes : recettes supérieures à 23 000 € (TTC) et supérieures aux autres revenus professionnels du foyer fiscal (voir § 1-6) ;

-il réalise plus de 23 000 € de recettes en location saisonnière (CGI art. 155, IV.2.2°).

Si le loueur en meublé n’est pas assujetti aux cotisations sociales sur les revenus d’activité, alors les revenus de la location meublée sont taxés aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (au taux de 17,20 %).

Régime social des plus-values

2-3

Loueur non professionnel

Si le loueur est LMNP au sens de l’impôt sur le revenu (voir § 1-6), alors les plus-values issues de son activité de loueur en meublé seront taxées sous le régime des plus-values immobilières des particuliers.

Socialement, le loueur devra s’acquitter des prélèvements sociaux sur les revenus de placement.

2-4

Loueur professionnel

Si le loueur est LMP au sens de l’impôt sur le revenu (voir § 1-6), alors les plus-values issues de son activité de loueur en meublé seront taxées selon les régimes des plus-values professionnelles :

-les plus-values court terme seront assujetties aux cotisations sociales sur les revenus d’activité ;

-les plus-values long terme seront assujetties aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine.

Plus-value professionnelle pour une activité de loueur en meublé professionnel : assiette et taux, aux niveaux fiscal et social

Biens cédés

Immobilisations inscrites au bilan

Depuis moins de 2 ans

Depuis 2 ans et plus

Biens amortissables (constructions)

Court terme

Court terme à concurrence des amortissements déduits*

Long terme pour le surplus

Taxation fiscale

Barème de l'impôt sur le revenu (catégorie BIC)

Barème de l'impôt sur le revenu (catégorie BIC)

Taux forfaitaire de 12,80 %

Taxation sociale

Cotisations sociales sur les revenus d’activité

Cotisations sociales sur les revenus d’activité

Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (17,20 %)

Biens cédés

Immobilisations inscrites au bilan

Depuis moins de 2 ans

Depuis 2 ans et plus

Biens non amortissables (terrains)

Court terme

Long terme

Taxation fiscale

Barème de l'impôt sur le revenu (catégorie BIC)

Taux forfaitaire de 12,80 %

Taxation sociale

Cotisations sociales sur les revenus d’activité

Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine (17,20 %)

* Amortissements déduits fiscalement (CGI art. 39 duodecies), ce qui exclut les amortissements mis en report en vertu des dispositions de l’article 39 C du CGI.

L'entreprise peut-elle bénéficier d'une exonération ?

Exonération applicable si conditions remplies ?

À l’impôt sur le revenu

Aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine

Aux cotisations sociales sur les revenus d’activité

Exonération en fonction des recettes (CGI art. 151 septies)*

Oui

Oui

Non

Exonération en fonction de la durée de détention (CGI art. 151 septies B)**

Oui

Oui

Non

* Conditions de l’exonération totale en fonction des recettes (CGI art. 151 septies) :

-les recettes HT n'excèdent pas 90 000 €. Sont retenues ici les recettes moyennes HT des exercices clos au cours des 2 années civiles précédant la cession ;

-l'activité est exercée en LMP depuis au moins 5 ans (de manière consécutive ou non, notamment lorsque le loueur a eu alternativement le statut de LMP et de LMNP).

** Exonération en fonction de la durée de détention (CGI art. 151 septies B) : abattement de 10 % par année de détention au-delà de la 5e année, ce qui aboutit à une exonération totale après 15 ans de détention. Pour l’appréciation du délai de détention, il n’est pas tenu compte du caractère professionnel ou non de l’activité de location meublée.

En pratique, le loueur en meublé professionnel ne pourra jamais échapper aux cotisations sociales sur les revenus d’activité sur la plus-value court terme, quelle que soit la durée de détention du bien immobilier cédé.

Activité exercée en société semi-transparente (EURL, SARL de famille)

Régime social des revenus

2-5

Critères d’assujettissement

Les critères d’assujettissement sont différents de ceux retenus lorsque l’activité est effectuée en entreprise individuelle. La distinction professionnelle / non professionnelle s’opère ici sur le critère de gérance majoritaire.

À noter

L’exercice de l’activité de location meublée n’est pas interdit en société civile. Cependant, le caractère commercial de l’activité entraîne l’assujettissement à l’impôt sur les sociétés (IS), sauf si les recettes hors taxes de cette activité n’excèdent pas 10 % du montant total des recettes hors taxes.

2-6

Pour le (les) gérant(s) majoritaire(s)

Le gérant majoritaire est soumis aux cotisations sociales de la SSI commerçant, calculées sur sa part du bénéfice, qu'elle soit distribuée ou non et, le cas échéant, sur la rémunération allouée par la société.

2-7

Pour le (les) gérant(s) minoritaires(s)

Le gérant minoritaire est assujetti aux cotisations sociales des salariés hors assurance chômage (c. séc. soc. art. L. 311-3) sur la base de sa rémunération.

Sa quote-part du BIC est en revanche taxée aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Cette configuration se rencontrant peu en pratique, nous ne la détaillerons pas dans cette étude.

2-8

Pour les autres associés

Pour les autres associés, leur quote-part du BIC est taxée aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine de 17,20 %.

Régime social des plus-values

2-9

Les critères sont identiques à ceux de la location meublée en entreprise individuelle. Il faut donc déterminer si chaque associé est professionnel ou non professionnel selon les critères retenus pour le calcul de l’impôt sur le revenu.

Activité exercée en société soumise à l’impôt sur les sociétés (IS)

2-10

Dans cette hypothèse, il n’y a de spécificité liée à l’activité de location meublée réalisée par la société. Les revenus et plus-values entrent dans le champ de l’IS. La question du régime social est sans objet.

Les prélèvements sociaux dans le régime de la location meublée

S'agissant des revenus locatifs

2-11

Le tableau suivant récapitule les cas de figure où les revenus seront soumis aux prélèvements sociaux (assiette et taux).

Prélèvements sociaux sur les revenus locatifs

Mode d’exercice de l’activité

Personne physique concernée

Assiette

Taux applicable

En entreprise individuelle

Loueur en meublé non professionnel au sens de l’impôt sur le revenu et réalisant moins de 23 000 € de recettes en location saisonnière

BIC

17,20 % décomposé comme suit :

- Contribution sociale généralisée (CSG) : 9,20 % (dont 6,80 % déductibles)

- Contribution au remboursement de la dette sociale : 0,50 %

- Prélèvement de solidarité : 7,50 %

En EURL, SARL de famille

Associé non gérant

S'agissant des plus-values

2-12

Le tableau ci-dessous récapitule les cas de figure où les plus-values seront soumises aux prélèvements sociaux (assiette et taux).

Prélèvements sociaux sur les plus-values

Mode d’exercice de l’activité

Personne physique concernée

Assiette

Taux applicable

En entreprise individuelle

Loueur en meublé non professionnel au sens de l’impôt sur le revenu

Régime des plus-values immobilières des particuliers : plus-value brute après abattement pour durée de détention

17,20 % décomposé comme suit :

- Contribution sociale généralisée (CSG) : 9,20 % (dont 6,80 % déductibles)

- Contribution au remboursement de la dette sociale : 0,50 %

- Prélèvement de solidarité : 7,50 %

En EURL, SARL de famille

Associé loueur en meublé non professionnel au sens de l’impôt sur le revenu

Les cotisations sociales dans le régime de la location meublée

Les cotisations sociales de la SSI des commerçants

Sur les revenus

2-13

Pour les loueurs en meublé qui remplissent les conditions (voir § 2-2), sauf option contraire, les revenus de la location meublée sont soumis aux charges sociales de la sécurité sociale des indépendants (SSI) des commerçants.

Cotisations sociales sur les revenus

Mode d’exercice de l’activité

Personne physique concernée

Assiette

Taux applicable

En entreprise individuelle

Loueur en meublé professionnel au sens de l’impôt sur le revenu ou réalisant plus de 23 000 € de recettes en location saisonnière

BIC

Voir tableau détaillé (voir § 2-15)

En EURL, SARL de famille

Associé gérant majoritaire

Part du bénéfice du (des) gérant(s) majoritaire(s), qu'elle soit distribuée ou non et, le cas échéant, sur la rémunération allouée par la société

Sur les plus-values

2-14

Seuls les loueurs en meublé professionnels sont assujettis aux cotisations sociales sur les plus-values à court terme.

La plus-value à court terme est constituée de la plus-value sur le bien amortissable cédé si ce dernier a été inscrit au bilan depuis moins de 2 ans, ou à hauteur des amortissements déduits s’il a été inscrit au bilan depuis 2 ans au moins.

Les régimes d’exonération de la plus-value professionnelle, en fonction des recettes (CGI art. 151 septies) ou en fonction de la durée de détention (CGI art. 151 septies B), ne s’appliquent pas pour les cotisations sociales.

En outre, le mécanisme d’exonération en cas de départ en retraite exclut de son champ les biens immobiliers. Il s’avère donc inopérant pour l’activité de location meublée.

Cotisations sociales sur les plus-values

Mode d’exercice de l’activité

Personne physique concernée

Assiette

Taux applicable

En entreprise individuelle

Loueur en meublé professionnel au sens de l’impôt sur le revenu

Régime des plus-values professionnelles : plus-value court terme

Voir tableau détaillé (voir § 2-15)

En EURL, SARL de famille

Tableau détaillé des cotisations sociales SSI commerçant (base 2021)

2-15

Le tableau suivant mentionne les cotisations applicables en cas de réalisation d'un bénéfice.

En cas de revenu fiscal nul ou déficitaire, le montant des cotisations minimales s’élève, pour 2021, à 1 145 €.

Cotisations sociales SSI

Cotisation

Assiette

Taux

Maladie - tranche 1

Revenu professionnel inférieur à 16 454 € (40 % du PASS)

Taux progressif : 0 à 3,17 %

Revenu professionnel compris entre 16 454 € et 45 250 € (40 à 110 % du PASS)

Taux progressif : 3,17 % à 6,35 %

Revenu professionnel compris entre 45 250 € et 205 680 € (110 % du PASS et 5 PASS)

6,35 %

Part de revenus supérieurs à 205 680 € (5 PASS)

6,50 %

Maladie 2 (indemnités journalières)

Revenu dans la limite de 205 680 € (5 PASS) avec minimum de 16 454 € (40 % du PASS)

0,85 %

Retraite de base

Revenu dans la limite de 41 136 € (1 PASS) avec minimum de 4 731 € (11,50 % du PASS)

17,75 %

Revenu au-delà de 41 136 € (1 PASS)

0,60 %

Retraite complémentaire Artisans et commerçants

Revenu dans la limite de 38 493 €

7,00 %

Revenu compris entre 38 493 € et 164 544 € (4 PASS)

8,00 %

Invalidité - décès

Revenu dans la limite de 41 136 € (1 PASS) avec minimum de 4 731 € (11,50 % du PASS)

1,30 %

Allocations familiales

Revenu professionnel inférieur à 45 250 € (110 % du PASS)

Taux nul

Revenu compris entre 45 250 € et 57 590 € (110 % et 140 % du PASS)

Taux progressif : 0 à 3,10 %

Revenu professionnel supérieur à 57 590 € (140 % du PASS)

3,10 %

CSG - CRDS

Revenu professionnel + cotisations sociales obligatoires

9,70 %

CFP

Sur la base de 41 136 € (1 PASS)

0,25 % (0,34 % si conjoint collaborateur)

Pour un loueur en meublé qui cotise déjà à la SSI commerçant au titre de son activité professionnelle, l’assiette des cotisations est déterminée en faisant la somme des revenus perçus au titre de son activité professionnelle principale et de ceux perçus au titre de son activité de loueur en meublé.

En pratique, nous pensons qu’il convient de déterminer le montant des cotisations afférentes à chaque activité en effectuant un prorata des revenus.

Exemple

Monsieur A est affilié à la SSI en tant que gérant majoritaire de SARL. Son activité professionnelle principale génère un BIC de 70 000 €. Son activité de location meublée saisonnière génère un BIC de 20 000 € (avec des recettes supérieures à 23 000 €). Les cotisations sociales SSI sont appelées sur la somme des deux revenus, soit une assiette de 90 000 € (70 000 + 20 000).

En base 2021, le montant des cotisations sociales est de 35 396 €. Celles-ci sont ensuite réparties au prorata des BIC respectifs, soit 7 866 € pour l’activité de location meublée [(20 000 / 90 000) × 35 396] et 27 530 € pour l’activité de commerçant [(70 000 / 90 000) × 35 396].

Régime optionnel : le régime général des salariés

Présentation du régime

2-16

Les loueurs de meublés effectuant de la location de logement meublé de courte durée et/ou de locaux d’habitation de tourisme classé peuvent bénéficier, sous conditions, d’une option d’affiliation au régime général des salariés (c. séc. soc. art. L. 311-3, 35°). L’inscription s’effectue sur l’espace dédié à l’économie collaborative sur le site de l’URSSAF.

Lors de la première déclaration, il convient de soustraire les montants suivants des recettes réalisées, au titre de l'activité concernée :

-23 000 € pour la location de logement meublé de courte durée ;

-23 000 € pour la location de logement meublé de tourisme classé.

Ces seuils ne sont déductibles qu’une seule fois, lors de l’affiliation, et s’apprécient pour chacune des activités, sans être proratisés suivant la date de début d’activité.

Conditions

2-17

L’activité doit être exercée en entreprise individuelle. En effet, un gérant majoritaire de SARL ne peut être affilié au régime général des salariés.

Le montant des recettes de l’activité de location meublée ne doit pas excéder 72 600 € (c. séc. soc. art. L. 311-3, 35°).

Assiette

2-18

Les cotisations et contributions sociales sont calculées sur une assiette constituée de l’ensemble des recettes réalisées pour le trimestre concerné, diminuées d’un abattement :

-de 60 % pour la location de logement de courte durée (de facto, assiette = revenu – 60 %) ;

-de 87 %, lorsqu’il s’agit de location de locaux d’habitation de tourisme classés (de facto, assiette = revenu – 87 %).

Cet abattement est automatiquement appliqué par l’URSSAF lors du calcul des cotisations dues.

Taux

2-19

Les taux de cotisations sont mentionnés dans le tableau suivant.

Taux de cotisations

Sur la totalité de l’assiette

Dans la limite du PASS

Assurance maladie, maternité, invalidité, décès et contribution solidarité autonomie (CSA)

13,30 %

Assurance vieillesse

2,30 %

15,45 %

Allocations familiales

5,25 %

Fnal

0,10 %

Contribution sociale généralisée (CSG) imposable

2,40 %

Contribution sociale généralisée (CSG) non imposable

6,80 %

Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS)

0,50 %

Accidents du travail sur la totalité de la rémunération

1,40 %

Total

31,95 %

15,55 %

Régime optionnel : le régime du micro-social

Activités éligibles

2-20

Seuls les loueurs en meublé effectuant de la location de logement meublé de courte durée, de locaux d’habitation de tourisme classé, ou de la location de chambres d’hôtes peuvent opter pour ce régime.

Conditions de l'option

2-21

Ces conditions sont les suivantes :

-le loueur en meublé doit être sous le régime du micro-BIC fiscal à l’impôt sur le revenu (BOFiP-BIC-DECLA-10-40-10-§ 100-01/06/2018) ;

-l’activité doit être exercée en entreprise individuelle ou en EURL (condition impliquée par la précédente) ;

-les recettes n'excèdent pas les limites suivantes :

-176 200 € locations de chambres d’hôtes ou meublés de tourisme classés ;

-72 600 € recettes des autres locations meublées de courte durée.

Type de location meublée

Assiette

Taux

Source

Locations de courte durée de meublés non classés

Recettes

22 % + 0,10 % de Contribution à la formation professionnelle (CFP)

c. séc. soc. art. D. 131-5-1

Locations de chambres d’hôtes ou meublés de tourisme classés

6 % + 0,10 % de CFP

Cotisations sociales SSI / prélèvements sociaux : le match en pratique

Exemple 1 : revenus locatifs

Hypothèses

2-22

Monsieur et Madame A, chacun professionnel de santé, possèdent une maison en bord de mer d’une valeur de 750 000 €.

Ils déclarent chacun un BNC de l’ordre de 120 000 €, au titre de leur activité médicale libérale respective.

Début 2021, ils ont décidé de louer leur maison en meublé, en location saisonnière.

Eu égard à l’exceptionnel engouement pour des vacances dans ce type de bien situé en France, les recettes locatives vont s’établir à 30 000 € pour 2021, bien au-delà de leurs espérances.

Leurs voisins, amis de longue date et également loueurs en meublé saisonnier, leur avaient indiqué – à tort – que les revenus locatifs seraient soumis aux prélèvements sociaux, comme pour une location meublée classique, compte tenu des revenus du couple.

M. et Mme A. s’interrogent sur le montant des charges sociales qu’ils vont devoir payer.

Simulation

2-23

Nous simulons ici l’impact de l’assujettissement des revenus aux cotisations sociales SSI, en les comparant à ce qu’ils paieraient si les revenus locatifs étaient assujettis aux prélèvements sociaux.

Attention, effectuer un simple calcul de différence entre le taux facial de cotisations sociales SSI et le taux facial de prélèvements sociaux ne serait pas juste et conduirait à surestimer la taxation sociale dans la situation de l’affiliation SSI.

En effet, les cotisations sociales sont en grande partie déductibles de l’assiette imposable à l’impôt sur le revenu. Pour ce qui concerne les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, seule une partie de la CSG est déductible.

Revenus de location meublée assujettis aux prélèvements sociaux*

Taux

Montant

Recettes

30 000 €

Amortissement (linéaire sur 40 ans)

2,50 %

15 000 €

Autres charges déductibles

3 600 €

BIC

11 400 €

Prélèvements sociaux

17,20 %

1 961 €

CSG déductible

6,80 %

775 €

Assiette imposable à l'impôt sur le revenu

10 625 €

Impôt sur le revenu à la tranche marginale

41 %

4 356 €

Total impôt et prélèvements sociaux

6 317 €

* On suppose que la valeur des constructions représente 80 % de la valeur du bien, soit 600 000 €, et que l’amortissement par composants conduit à un taux moyen d’amortissement sur 40 ans de 2,50 %. Les deux situations sont comparées en régime de croisière. Il n’y a pas d’intérêts d’emprunt.

Revenus de location meublée assujettis aux charges sociales*

Taux

Montant

Recettes

30 000 €

Amortissement (linéaire sur 40 ans)

2,50 %

15 000 €

Autres charges déductibles

3 600 €

Cotisations sociales (hors CSG non déductible)

39,67 %

3 238 €

BIC

8 162 €

Assiette imposable à l'impôt sur le revenu

8 162 €

Impôt sur le revenu à la tranche marginale

41 %

3 346 €

CSG non déductible

2,90 %

307 €

Total impôt et charges sociales

6 891 €

* On suppose que la valeur des constructions représente 80 % de la valeur du bien, soit 600 000 €, et que l’amortissement par composants conduit à un taux moyen d’amortissement sur 40 ans de 2,50 %. Les deux situations sont comparées en régime de croisière. Il n’y a pas d’intérêts d’emprunt.

Synthèse

2-24

La taxation supplémentaire qui découle du passage à l’assujettissement aux cotisations sociales s’élève donc à 574 € (6 891 – 6 317) soit une hausse de l’ordre de 9 % des prélèvements totaux (6 891 / 6 317), ce qui n’est pas négligeable.

Pour autant, dans cette situation où les revenus du couple, hors location meublée, sont taxés dans la tranche de 41 %, l’effet de la déductibilité des cotisations sociales atténue la charge sociale additionnelle.

Le raccourci parfois opéré – consistant à comparer le taux de 17,20 % des prélèvements sociaux au taux des charges sociales (+ / – 40 %, en fonction du niveau des revenus) s’appliquant au BIC – est largement contestable !

Rappelons que cette taxation supplémentaire s’accompagne de droits supplémentaires différés.

En effet, les prélèvements sociaux sont versés à fonds perdus, tandis que les cotisations sociales génèrent des droits de retraite et prévoyance. Dans notre exemple, M. et Mme A. cotisent productivement pour la retraite à hauteur de 1 166 € (840 € au régime de base et 326 € au régime complémentaire) et à hauteur de 61 € à la prévoyance.

Exemple 2 : plus-value de cession de l'immeuble

Hypothèse

2-25

On considère un bien acheté 300 000 € il y a 15 ans. Les constructions représentent 80 % de la valeur du bien, et sont amorties (taux global moyen pour simplifier) sur 40 ans (soit 2,50 % par an). Le terrain représente les 20 % restants. Le bien vaut aujourd’hui 600 000 €.

Quelle est la différence de taxation sur la plus-value en cas de cession si le loueur est LMP ou LMNP ?

Si le loueur est LMP : plus-value professionnelle

2-26

On considère que la plus-value peut bénéficier de l’exonération totale en fonction des recettes (CGI art. 151 septies), car l’activité de location meublée est réalisée sous le statut professionnel depuis plus de 5 ans et les recettes annuelles n’ont jamais excédé 90 000 € HT.

Ainsi, la plus-value long terme est exonérée en totalité d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

En outre, la plus-value court terme est exonérée en totalité de d’impôt sur le revenu.

Il reste à déterminer le montant de cotisations sociales dues sur la plus-value court terme.

La valeur nette comptable des constructions s’élève à 150 000 €, soit :

[(80 % × 300 000) – (2,50 % × 15 × 300 000 × 80 %)].

On suppose que tous les amortissements ont été fiscalement déduits.

La plus-value à court terme se calcule comme suit : plus-value à court terme = valeur d’inscription au bilan des constructions - valeur nette comptable = 240 000 (80 % × 300 000) – 150 000 = 90 000 €

Ces 90 000 € constituent l’assiette d’assujettissement aux cotisations sociales SSI.

Ce montant correspond aux amortissements pratiqués. Le montant des cotisations sociales dues s’élève à 35 396 € en base 2021, en supposant qu’il n’y a pas d’autres revenus assujettis aux cotisations sociales au titre de l’année de cession.

Calcul des cotisations sociales sur la PVCT

Assiette totale

90 000 €

PASS

41 136 €

Charges sociales

Cotisation

Assiette

Taux

Montant

Maladie T1

90 000 €

6,35 %

5 715 €

Maladie T2

0 €

6,50 %

0 €

Invalidité-décès

41 136 €

1,30 %

535 €

Indemnités journalières

90 000 €

0,85 %

7 65 €

Retraite base T1

41 136 €

17,75 %

7 302 €

Retraite base T2

48 864 €

0,60 %

293 €

Retraite complémentaire T1

38 493 €

7,00 %

2 695 €

Retraite complémentaire T2

51 507 €

8,00 %

4 121 €

Allocations familiales

90 000 €

3,10 %

2 790 €

Formation professionnelle

41 136 €

0,25 %

103 €

CSG / CRDS non déductibles

114 215 €

2,90 %

3 312 €

CSG / CRDS déductibles

114 215 €

6,80 %

7 767 €

Total charges

35 396 €

Si le loueur est LMNP : plus-value immobilière des particuliers

2-27

La taxation sur la plus-value se calcule comme indiqué dans le tableau suivant.

Plus-value immobilière des particuliers

Plus-value brute

Prix de cession corrigé

600 000 €

prix d'acquisition corrigé (forfait travaux de 15 % et forfait frais d’acquisition de 7,50 %)

367 500 €

=

Plus-value brute imposable

232 500 €

Calcul de l'impôt sur le revenu

Plus-value brute imposable

232 500 €

abattement pour durée de détention

139 500 €

=

Plus-value nette imposable

93 000 €

Impôt sur le revenu au taux de 19 %

17 670 €

Calcul des prélèvements sociaux

Plus-value brute imposable

232 500 €

abattement pour durée de détention

38 363 €

=

Plus-value nette imposable

194 138 €

Prélèvements sociaux au taux de 17,20 %

333 962 €

Une taxe additionnelle est due, depuis le 1er janvier 2013, en cas de cession d'un bien autre qu'un terrain à bâtir, si la plus-value nette imposable à l'impôt sur le revenu excède 50 000 € (100 000 € pour un bien de communauté). Dans cet exemple, cette taxe s'élève à 1 860 €.

Le montant total des taxes et prélèvements s’élève donc à : 17 670 € + 33 392 € + 1 860 € = 59 922 €

Synthèse

2-28

Du strict point de vue « social », le régime des plus-values immobilières des particuliers est légèrement plus avantageux. Pour autant, en intégrant l’impôt sur le revenu, le régime LMP est, dans cet exemple, nettement plus favorable.

En pratique, les cas concrets où le loueur en meublé peut justifier d’un respect des critères pour être professionnel ne sont pas les plus fréquents.

Compte tenu du critère de prépondérance des revenus professionnels (en ce compris les pensions de retraite), le patrimoine immobilier loué meublé doit être conséquent et souvent possédé par des personnes ayant ou ayant eu une faible activité professionnelle.

Parution: 02/09/2021
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