Le Conseil d'État admet que la dépréciation de matériels soumis à une obsolescence technique peut être valablement justifiée par un calcul statistique reposant sur l'application d'abattements distincts pour chaque catégorie homogène de biens (CE 25 septembre 1989, n° 62934 ; CE 21 décembre 2007, n° 288099).
Dans une décision du 2 octobre 2024, le tribunal administratif de Melun a refusé la déduction d'une provision pour dépréciation d'un stock de pièces détachées (écrous, joints, pneus, phares et éléments de moteur) destinées à des véhicules automobiles calculée, pour chaque référence, en fonction du nombre d'articles en stock, du coût moyen de chaque article correspondant à la moyenne des coûts d'entrée et de sortie et d'un pourcentage de dépréciation variable selon l'absence de rotation de l'article.
Les juges ont estimé que ces pièces détachées (250 000), en raison de leur grande diversité, ne se dépréciaient pas de manière homogène. Ils en ont alors conclu que le seul critère de l'écoulement du temps ne suffisait pas à justifier la méthode statistique employée dès lors que celle-ci ne prenait pas en compte les spécificités de chaque catégorie de produits, notamment en termes d'usure et d'obsolescence technique (TA Melun 2 octobre 2024, n° 2103996).