Pour justifier ce revirement, la Cour de cassation invoque la liberté d’expression, en rappelant notamment que le licenciement prononcé par l'employeur pour un motif lié à l'exercice non abusif par le salarié de sa liberté d'expression est nul (c. trav. art. L. 1121-1 ; Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, art. 10, § 1 ; cass. soc. 16 février 2022, n° 19-17871 FSB).
Mais il s'agit également, comme l'indique la notice jointe à l'arrêt, de mettre l'employeur et le salarié à armes égales. En effet, l'employeur peut invoquer devant le juge la mauvaise foi du salarié licencié pour avoir dénoncé des faits de harcèlement moral, même s’il n’en a pas fait état au préalable dans la lettre de licenciement (cass. soc. 16 septembre 2020, n° 18-26696 FPB). Dès lors, il apparaissait nécessaire, dans un souci d'équité, d'admettre qu'un salarié qui n'avait pas expressément invoqué une situation de harcèlement dans sa dénonciation initiale puisse le faire au stade du contentieux.