Sécuriser le détachement avec l'obtention d'un certificat A1
Par principe, un salarié est assujetti à la sécurité sociale dans le pays où il travaille. Le télétravailleur à l’international expose donc son employeur au paiement des cotisations et contributions de sécurité sociale dans le pays dans lequel il télétravaille, sauf s’il obtient un certificat de détachement en application d’un accord international liant le pays de l’employeur et le pays où est effectué le télétravail.
Toutefois, le télétravail à l’international ne relevant pas, dans la plupart des cas, de l’initiative de l’employeur, il est rare de pouvoir obtenir un tel certificat. Consciente de cette situation, la Commission administrative pour la coordination des systèmes de sécurité sociale, rattachée à la Commission européenne, encourage chaque État membre de l’UE à accorder des certificats de détachement « A1 ». Elle précise qu’il n'y a pas lieu de différencier dans l'intérêt de qui, ou à l'initiative de qui, le télétravail à l’international a été mis en place tant qu'il a lieu avec l'accord (formel ou informel) de l'employeur. Sont visées des situations variées telles que celle où un salarié reste sur son lieu de vacances et commence à y télétravailler pendant un mois supplémentaire avant de rentrer chez lui et de reprendre le travail au bureau (« workation ») ou celle où un employeur autorise son salarié à travailler à son domicile pendant quelques semaines pour pouvoir se concentrer sur un projet spécifique.
Conséquences pratiques de l'obtention ou non du certificat
Pour les salariés couverts par un certificat de détachement, la couverture sociale de base reste inchangée. Le risque principal à anticiper concerne les couvertures santé et prévoyance mises en place par l’employeur en s’assurant qu’elles puissent s’appliquer en dehors de l'État habituel d’emploi et qu’elles pourront fournir des prestations aux salariés en situation de télétravail à l’international, notamment en cas d’accident du travail ou de maladie. Dans la négative, des solutions palliatives pourront être mises en œuvre pour garantir à ces salariés un niveau de couverture complémentaire équivalant à celui mis en place pour les autres salariés.
Pour les salariés non couverts par un certificat de détachement, leur couverture sociale sera en principe régie par la réglementation en vigueur dans le pays où le télétravail est effectué. Cela suppose des obligations déclaratives et de paiement de charges sociales locales.