De par leur histoire, les régimes nationaux de sécurité sociale connaissent parfois des prestations subordonnées à des conditions de nationalité, de durée d’assurance ou de résidence. De plus, la législation de sécurité sociale est, sauf rayonnement de la législation nationale hors du territoire, d’application limitée à ce territoire, à l’instar de tout service public. Ces caractéristiques des règles de sécurité sociale peuvent poser problème aux migrants. Il a donc été élaboré des conventions internationales de sécurité sociale organisant des mesures complémentaires aux législations nationales tendant à assurer auxdits migrants une protection accrue au moyen de l’élimination ou de l’atténuation de certains critères d’octroi des prestations de sécurité sociale. On parle de règles de coordination des systèmes de sécurité sociale qui ne s'appliquent qu'aux situations transfrontalières. L’Union européenne (UE) a développé ses propres règles multilatérales de coordination en application du principe fondamental de libre circulation des personnes (voir « Mobilité internationale des salariés », Revue fiduciaire, 2018, 1re édition, § 4-10). Elles figurent aujourd’hui dans les règlements (CE) 883/2004 (le « règlement de base ») et 987/2009 (le « règlement d’application »). Ces règles s'appliquent de par des accords internationaux particuliers, au-delà du seul territoire de l'Union européenne, en particulier dans les relations avec la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein (voir §§ 9-4 et 9-5).