Si elles ne peuvent pas payer les loyers et charges locatives (eau, gaz, électricité) de leur local professionnel ou commercial, les entreprises les plus modestes et les plus touchées par la crise n'encourront pas de pénalités financières ou intérêts de retard, de dommages-intérêts, d'astreinte, d'exécution de clause résolutoire, de clause pénale ou de toute clause prévoyant une déchéance, ou d'activation des garanties ou cautions. Peu importe, à ce titre, les clauses contractuelles qu'elles ont signées.
Cette mesure de faveur s'applique rétroactivement depuis le 12 mars 2020 et se poursuivra pendant toute la période l'état d'urgence sanitaire, puis encore pendant 2 mois (ordonnance 2020-316 du 25 mars 2020, art. 4).
Le décret 2020-371 du 30 mars 2020 vient de définir les entreprises concernées. Il s'agit des entreprises dont l'effectif est de 10 salariés au plus, le chiffre d'affaires HT inférieur à 1 M€ et le bénéfice imposable (augmenté, le cas échéant, des sommes versées au dirigeant) inférieur à 60 000 €. En outre, elles doivent avoir subi soit une fermeture administrative, soit une perte de chiffre d'affaires de plus de 70 % en mars 2020 par rapport à mars 2019.
Dans notre prochain Feuillet, nous reviendrons sur les mesures prévues en leur faveur, ces mesures ne se limitant pas à un gel des sanctions en cas de non-paiement des loyers et charges.