Les mentions optionnelles mais hautement recommandées
Rien n’interdit d’y rajouter d’autres mentions. C’est même d’ailleurs hautement souhaitable au vu de l’importance des mentions suivantes.
Éligibilité au télétravail
Les critères d’éligibilité au télétravail dès lors bien entendu qu’ils sont objectifs et non discriminatoires.
Cette question est bien plus compliquée qu’il n’y paraît car il n’est pas facile d’éliminer tous éléments subjectifs pouvant motiver l’inaptitude de certains salariés à ce mode d’organisation du travail (manque d’autonomie dans son travail, défaut de maîtrise des technologies de l’information et de la communication ou encore absence d’un lieu leur permettant de s’isoler de sa famille, etc.).
En tout état de cause, la détermination des critères, qui peuvent varier d’une entreprise à l’autre, nécessite une réflexion préalable et collective sur les postes éligibles au télétravail et le profil des salariés pouvant en bénéficier.
Ces critères d’éligibilité peuvent, tout d’abord, venir préciser les caractéristiques des postes éligibles au télétravail.
À notre avis, l’employeur aura tout intérêt à les préciser dans une liste aussi complète que possible mais non exhaustive afin de pouvoir faire face à toutes les éventualités.
Certains postes de travail sont « inéligibles » par nature. Tel est le cas, par exemple, du poste de standardiste, qui, par définition, ne peut être exécuté en dehors de l’entreprise.
Quels peuvent être les critères d’éligibilité des postes de sorte que les refus aux demandes de télétravail reposent sur des raisons objectives ?
Le tableau ci-après reprend des exemples de critères d’éligibilité pouvant être pris en compte.
Exemples de critères d’éligibilité |
|---|
Critères | Observations complémentaires |
Contraintes liées aux postes ou logiciels utilisés | • Par exemple, il peut s’agir d’impératifs de sécurité des données traitées ou des opérations réalisées. On peut penser ici à des postes sensibles dont les titulaires sont appelés à traiter des données confidentielles, et qui auront davantage de difficultés à être éligibles au télétravail (1). • Postes nécessitant l’utilisation de logiciels ou d’applications faisant l’objet de restriction d’utilisation à distance. |
Nécessités de services | Par exemple, obligation de travail en équipe. La configuration de l’équipe dans laquelle travaille le salarié peut être un critère d’exclusion au télétravail si la présence physique permanente du salarié au sein de l’équipe est requise. |
Profil du salarié | • Appréciation objective du niveau d’autonomie nécessaire à l’exercice des missions seul et à distance et à la gestion du temps. Il s’agit là d’un point important car le télétravailleur doit être apte à s’organiser, à gérer ses propres horaires de travail et de repos, sans un soutien managérial rapproché. L’appréciation de l’autonomie sera fréquemment couplée avec l’ancienneté du salarié. Le cas échéant, l’entreprise peut prévoir au préalable une grille d’autoévaluation ou un questionnaire. • L’ancienneté minimale du salarié dans l’entreprise, la typologie de son contrat (le télétravail peut être exclu pour les CDD inférieurs à une certaine durée en raison des coûts engendrés par la mise en conformité du domicile et par la mise à disposition des équipements au regard de la durée du contrat ; le télétravail peut être réservé aux salariés à temps plein et à des salariés à temps partiel dont la durée du travail est supérieure à un certain pourcentage afin de s’assurer que le salarié travaille suffisamment de temps dans l’entreprise pour garder un lien avec la collectivité de travail et éviter tout isolement professionnel). |
(1) À cet égard, l’employeur peut prendre, dans le respect des prescriptions de la CNIL ou, depuis le 25 mai 2018, dans le respect du règlement général du traitement des données personnelles (RGPD) les mesures qui s’imposent pour assurer la protection des données utilisées et traitées par le télétravailleur à des fins professionnelles. Si ces règles font déjà l’objet d’une charte informatique, l’employeur aura tout intérêt à s’y référer. |
L’entreprise aura tout intérêt à prévoir, de façon régulière, un réexamen des critères d’éligibilité avec le responsable hiérarchique en cas de changement de fonction, de poste, de service, d’établissement ou de domicile du salarié, ce qui pourra donner lieu à la cessation de la situation de télétravail.
Les lieux où le télétravail peut se pratiquer ou inversement, ceux où il doit être interdit, peuvent être spécifiés, au nom par exemple de la sécurité des données (lieux publics, et plus généralement tout lieu non propice au travail et à la concentration).
Le télétravail doit être réservé aux salariés qui ont un logement compatible (bénéficier d’une surface réservée au travail, installation électrique conforme…).
Nombre maximum de jours télétravaillés
Il importe de limiter le nombre de jours télétravaillés, l’objectif étant de maintenir le lien social avec l’entreprise et sa communauté de travail.
Afin de ne pas désorganiser le bon fonctionnement de l’entreprise, il pourra être précisé que les jours non utilisés ne sont ni cumulables ni transférables sur une autre semaine.
Le nombre maximum de jours télétravaillés par semaine aura tout intérêt à être encadré.
Une période d’adaptation, par exemple de 2 mois, permettra à chacun de s’assurer que ce mode d’organisation est compatible avec les intérêts de chacune des parties.
Pendant cette période, chacune des parties pourra mettre fin à l’organisation en télétravail sans délai pour le salarié et moyennant un délai de prévenance à déterminer.
À l’issue de la période d’adaptation, il pourra être utile de prévoir un entretien de bilan entre le télétravailleur et son responsable hiérarchique.
L’accord ou la charte aura tout intérêt à prévoir une clause sur la protection des données : l’ANI de 2005 prévoyait déjà l’obligation pour l’employeur de rappeler les restrictions d’usage des équipements informatiques et des sanctions encourues (ANI 19 juillet 2005, art. 5).
Cette problématique est d’autant plus d’actualité qu’une étude démontre que le télétravail réduit la protection des données des entreprises. L’employeur est donc en droit de limiter l’utilisation du matériel informatique qu’il a fourni à un usage exclusivement professionnel.
Un tel rappel trouvera sa place dans l’accord collectif ou la charte d’entreprise.
La sensibilisation des télétravailleurs, à travers des formations sur cette question, sera d’autant plus importante que le règlement européen de protection des données (RGPD) est applicable à compter du 25 mai 2018 et que les sanctions prévues en cas de manquement de l’employeur peuvent aller jusqu’à 20 millions d’euros et 4 % du chiffre d’affaires mondial.
Outre l’instauration d’une commission de suivi durant laquelle pourraient notamment être portés les différends sur l’inéligibilité des salariés à travailler en télétravail, il est possible de prévoir une synthèse annuelle du télétravail qui sera présentée au CSE pour en évaluer/améliorer les modalités.