Est réputé avoir en France le centre de ses intérêts économiques et a donc son domicile fiscal en France :
-le contribuable vivant au Cambodge mais percevant, sur son compte bancaire en France, sa pension de retraite versée par un organisme français (CE 17 juin 2015, n° 371412) ;
-le contribuable disposant d'un foyer d'habitation en France et en Turquie, qui vit en France de manière habituelle depuis plus de 30 ans, dont les revenus du foyer sont pour l'essentiel de source française (allocations de pôle emploi, pensions de retraite payées par des organismes sociaux français au profit de son épouse), le compte bancaire sur lequel ces revenus de source française sont versés étant détenu par l'intéressé auprès d'une agence sise en France d'une banque française (CAA Nancy 23 mars 2017, n° 15NC01682) ;
-le contribuable retraité, qui perçoit sa retraite et des revenus fonciers en France, qui n'établit pas sa résidence au Maroc où il a obtenu un titre de séjour et pour lequel il produit un bail d'habitation marocain. Toutefois, l'administration a constaté que les factures d'eau et d'électricité produites pour justifier de sa présence au Maroc ne portaient jamais sur une période supérieure à 3 mois, et que certaines faisaient état d'une consommation nulle. En outre, le contribuable a continué à déclarer son adresse fiscale dans ses déclarations et n'y a pas mentionné le changement d'adresse au Maroc. Enfin, il ne faisait état d'aucun revenu de source marocaine (CAA Nancy 19 octobre 2017, n° 15NC01972).
De même, doivent être regardés comme ayant eu leur foyer permanent d'habitation en France au cours de l'année 2012 le couple de retraités percevant des retraites de source française, propriétaires d'une maison dont ils se réservaient la jouissance lors de leurs séjours en France, où ils disposent également d'un véhicule et d'un compte bancaire. Ils n'ont aucune famille au Sénégal alors que leurs deux enfants majeurs résidaient en France. Au cours de l'année 2012, ils ont été simplement locataires au Sénégal de plusieurs logements meublés successifs. Au regard de ces éléments, les circonstances qu'ils aient acquis un second véhicule au Sénégal, y aient souscrit des abonnements téléphoniques, se soient inscrits dans un club de golf et aient opéré des retraits réguliers d'argent dans ce pays sont inhérents à un séjour de longue durée mais ne suffisent pas à attester de l'existence d'un foyer d'habitation permanent. Les circonstances que le couple ait déposé une déclaration de revenus en France au titre de l'année 2012, invoquent le dépôt d'une déclaration de même nature auprès des services fiscaux sénégalais et produisent en appel un certificat d'imposition de leurs pensions par l'administration fiscale sénégalaise, sont sans incidence sur la détermination de leur foyer permanent d'habitation en 2012. Dans ces conditions, c'est en France qu'ils doivent être regardés comme ayant eu, au cours de cette année, leur foyer permanent d'habitation (CAA Bordeaux 11 avril 2017, n° 15BX02015).