Depuis le 1er janvier 2015, les entreprises doivent déclarer les salariés exposés à des facteurs de risques professionnels au-delà de certains seuils définis par décret. Les salariés concernés acquièrent des points qui leur permettent ensuite de bénéficier d'action de formation, de financier une réduction de leur durée de travail ou de partir en retraite avant l'âge légal (voir « Obligations et responsabilités de l'employeur », RF 1067, § 1340).
Or, l'étude d'impact associée au projet de loi d'habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue social note que ce dispositif pose d'importantes difficultés pratiques, notamment pour les très petites entreprises (TPE) et les petites et moyennes entreprises (PME), qui peinent notamment à mesurer l'exposition des salariés aux facteurs réglementaires de pénibilité (étude d'impact, p. 65).
Le projet de loi d'habilitation prévoit par conséquent de modifier par ordonnances les règles de prise en compte de la pénibilité au travail, en adaptant les facteurs de risques professionnels (c. trav. art. D. 4161-2), les obligations de déclaration de ceux-ci, les conditions d’appréciation de l’exposition à certains de ces facteurs, les modes de prévention, les modalités de compensation de la pénibilité, ainsi que les modalités de financement des dispositifs correspondants (projet de loi art. 5).
La lettre adressée le 8 juillet 2017 par le Premier ministre, Édouard Philippe, aux partenaires sociaux précise les intentions du gouvernement et le contenu de la future ordonnance.