Parmi les modalités d'organisation du temps de travail prévues par le code du travail, le recours aux conventions de forfait en jours demeure l'un des sujets les plus sensibles.
Sensible, d'abord, parce que ce mode d'organisation est massivement utilisé par les employeurs. Sensible, ensuite, parce qu'il nécessite de combiner deux expertises : l'expertise juridique indispensable à la sécurisation du dispositif et l'expertise paie nécessaire à la correcte valorisation des jours rémunérés et non rémunérés.
Les conventions de forfait en jours constituent également un terrain privilégié du contentieux social. Les décisions de la chambre sociale de la Cour de cassation font régulièrement l'objet d'une importante médiatisation et nourrissent d'abondants commentaires doctrinaux.
Tel fut notamment le cas de l'arrêt du 6 janvier 2021, dans lequel la Cour de cassation avait considéré qu'un salarié dont la convention de forfait en jours était privée d'effet pouvait être tenu de rembourser les « jours de RTT » dont il avait bénéficié.
Cette décision avait suscité de nombreuses interrogations et révélait surtout une confusion persistante entre les mécanismes propres aux JRTT et ceux qui caractérisent le forfait en jours.
5 ans plus tard, la Cour de cassation est revenue sur cette solution dans un arrêt publié au bulletin du 3 juin 2026 (cass. soc. 3 juin 2026, n° 25-13970 FSB).
Cette évolution de la jurisprudence mérite d'être saluée et rétablit une cohérence juridique et économique qui faisait défaut antérieurement.
L'occasion est donc toute trouvée pour revenir sur les fondamentaux du forfait en jours et mesurer la portée de ladite évolution.