L’objectif de protection des dirigeants ou associés
Rappelons qu’afin d'assurer une meilleure protection de la vie privée et de la sécurité des dirigeants, un décret du 22 août 2025 a permis de demander l’occultation de leur adresse et de celles de certains associés pour qu’elle n’apparaisse plus sur les documents publiés au RCS ou sur l’extrait Kbis (décret 2025-840 du 22 août 2025).
Les dirigeants ou associés concernés
Les dirigeants concernés par cette possibilité sont, selon la forme juridique : les gérants, présidents, directeurs généraux, directeurs généraux délégués, membres du directoire, président du directoire (ou, le cas échéant, directeur général unique), administrateurs, président du conseil d'administration, président du conseil de surveillance, membres du conseil de surveillance ainsi que tiers ayant le pouvoir de diriger, gérer ou engager à titre habituel la société (c. com. art. R. 123-54, 2°). Notons que, pour les commissaires aux comptes, l'adresse personnelle peut être remplacée par l'adresse professionnelle.
Les associés visés sont ceux des sociétés civiles (comprenant ceux des SCI), ceux des sociétés en nom collectif et ceux des sociétés en commandite simple ainsi que les commandités des sociétés en commandite par actions (c. civ. art. 1832, al. 3).
L’étendue de la confidentialité de l’adresse personnelle
La confidentialité porte sur les actes ou pièces déposés par les personnes morales lors d’une formalité et qui sont annexés au RCS (c. com. art. R. 123-102). En pratique, il s’agit par exemple, pour les formalités de constitution d’une société, des statuts ou de l’acte de nomination du dirigeant. Pour des formalités modificatives, il peut s’agir de l’acte de nomination d’un nouveau dirigeant.
La demande de confidentialité concerne également l’extrait Kbis qui mentionne les informations relatives à l’identité des dirigeants déclarées par les personnes morales lors de leurs formalités (nom, prénom, date et lieu de naissance, nationalité et domicile personnel).
Les limites à cette demande de confidentialité
Certaines autorités ou organismes conservent le droit d’accéder, dans le cadre de leurs missions, aux informations concernant l’adresse personnelle des dirigeants ou associés indéfiniment responsables ainsi qu’aux actes et pièces comportant cette mention non occultée (c. com. art. R. 123-54-2, al. 1 nouveau).
En outre, les informations occultées peuvent être délivrées aux représentants légaux de la société ainsi qu’à ses associés ou aux créanciers des personnes physiques dirigeantes concernées lorsque ces derniers démontrent qu’ils détiennent sur elles des créances nées à l’occasion de l’exercice par ces personnes de leur mandat social (c. com. art. R. 123-54-2, al. 2).