Sous-traitance entre opérateurs établis en France
Dans le cadre général de la sous-traitance, deux factures sont émises : une du sous-traitant à l’entreprise principale / fournisseur (F1) et une de l'entreprise principale à l'acheteur (F2).
Toutefois, dans certaines situations, les opérations nécessitent des ajustements dès lors que le sous-traitant obtient le paiement de sa prestation par le client final.
Délégation de paiement (B2B)
En synthèse, il existera une obligation de e-invoicing pour le sous-traitant à l’égard de l’entreprise principale (F1) et pour l’entreprise principale à l’égard de l’acheteur (F2).
Dans le cadre d’un contrat impliquant un acheteur assujetti (B2B), un entrepreneur principal et un sous-traitant, tous trois établis en France, les opérations doivent être traitées comme suit :
• D’une part, la première facture (F1), émise par le sous-traitant à destination de l’entrepreneur principal, doit être établie au format électronique (e-invoicing). Elle correspond au montant de la prestation de sous-traitance, TVA comprise, sauf en cas d’application du mécanisme d’autoliquidation par le preneur, notamment dans le cadre de travaux immobiliers.
Cette facture comporte également, dans un bloc dédié, l’identification de l’acheteur final.
Une fois validée par l’entreprise principale, la facture est transmise à l’acheteur, lequel procède alors au règlement du sous-traitant. En l’absence de Portail Public de Facturation, cette transmission devrait être assurée par les plateformes de dématérialisation partenaires, au moyen de protocoles d’interopérabilité. Il sera donc essentiel de pouvoir identifier de manière précise l’acheteur, généralement via son numéro SIREN, complété le cas échéant d’un suffixe.
• D’autre part, au titre de la facture entre l’entreprise principale et l’acheteur, cette seconde facture (F2) est également une facture électronique (e-invoicing). Elle est transmise par l’entreprise principale à l’acheteur et mentionne le montant total de la prestation du fournisseur et du sous-traitant ainsi que le montant de TVA correspondant.
Le solde à payer doit être adapté si la facture F1 a déjà fait l’objet d’un versement anticipé. En outre, il convient que l’entrepreneur principal déclare bien l’encaissement des sommes par le sous-traitant afin de permettre la reconnaissance de l’exigibilité de la TVA. Pour cela, lors de la déclaration du statut de l’encaissement par le sous-traitant, le paiement doit remonter également au niveau de l’entrepreneur principal afin de déclarer l’encaissement à hauteur du paiement reçu par le sous-traitant. Les données d’encaissement, issues du cycle de vie de la facture du sous-traitant, seront ainsi probablement remontées par les PDP au niveau de l’entrepreneur principal.
En synthèse, une obligation de e-invoicing pèsera sur le sous-traitant à l’égard de l’entreprise principale et à l’égard de l’acheteur public.
Dans le cadre des marchés publics (B2G) prévoyant un paiement direct du sous-traitant par la personne publique, deux documents sont émis électroniquement :
• La facture du sous-traitant à l’entreprise principale :
Le sous-traitant, établi en France, émet une facture au format e-invoicing à destination de l’entreprise principale. Pour bénéficier du paiement direct par la personne publique, il doit expressément mentionner cette demande sur la facture.
Cette demande est ensuite soumise à l’acceptation du titulaire du marché (l’entreprise principale), qui en valide le contenu.
• Transmission à l’acheteur public :
Une fois validée, la demande de paiement est adressée à l’acheteur public, accompagnée de l’accord de l’entreprise principale. Cela permet à la personne publique de procéder au règlement direct du sous-traitant.
• La facture de l’entreprise principale à l’acheteur public :
En parallèle, l’entreprise principale émet sa propre facture électronique à destination de l’acheteur public, au titre de l’exécution globale du marché.
En définitive, le traitement de ces flux s’apparente à un mécanisme de délégation de paiement, avec une gestion spécifique propre aux marchés publics.
À noter
Certaines spécificités procédurales sont à prévoir, dans la mesure où les personnes publiques utilisent par principe la plateforme Chorus Pro, ce qui peut impliquer des modalités d’interopérabilité ou de dépôt différentes de celles en vigueur dans les relations B2B classiques.