Dans plusieurs rapports, la Cour des comptes a recommandé au Gouvernement d’unifier le recouvrement de l’impôt auprès de l’administration fiscale. Ceci, afin de faire de la DGFIP un guichet unique, et de recentrer l’administration des douanes sur ses missions de contrôles des flux internationaux de marchandises et de lutte contre la fraude internationale.
Par exemple, dans un rapport publié en avril 2019, les magistrats de la rue Cambon fixaient pour cible de réalisation de « transférer de la DGDDI vers la DGFIP la gestion de certaines taxes dont la gestion et le contrôle ne sont pas corrélés aux missions de contrôles des flux de marchandises et de la gestion des entrepôts ».
Avant la fiscalité énergétique, ont déjà été transférés à la DGFIP le recouvrement de la TVA à l’importation, de la TVA pétrole, des différentes branches de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) et de la taxe à l’essieu. Autant de droits et taxes gérés pendant de nombreuses années par l’administration des douanes. Le Parlement a autorisé le Gouvernement à légiférer par ordonnance pour recodifier à (quasi) droit constant, le régime général des droits d’accise, et plus largement celui de la fiscalité sectorielle. Ce travail de recodification piloté par le ministère de l’économie et des finances a abouti à la publication de l'ordonnance n° 2021-1843 du 22 décembre 2021, créatrice de la partie législative du CIBS, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, et dont le livre III est intitulé « Énergies, alcools et tabacs ».
Si la partie réglementaire du CIBS a été partiellement publiée, la doctrine fiscale se fait toujours attendre.
Toujours est-il que depuis le 1er janvier 2021, l’administration fiscale est intégralement compétente pour gérer, recouvrer et contrôler les taxes sur les énergies, à l’exception notable de la taxe sur les produits pétroliers (TICPE, ex-TIPP) dont le transfert du recouvrement est prévu pour 2025 (sauf nouveau report).