La proposition de loi « Remédier aux déséquilibres du marché locatif en zone tendue » devrait poursuivre son chemin au Parlement.
Elle contient des dispositions fiscales, notamment, en son article 4, l’intégration des amortissements déduits fiscalement dans la plus-value brute des loueurs en meublé non professionnels (LMNP) en cas de cession de meublés de tourisme. Cette disposition avait été introduite dans le projet de loi de finances pour 2024 par les députés pour l’ensemble des locations meublées, avant d’être sortie du texte par la rédaction issue de l’article 49, alinéa 3.
Par ailleurs, c’est bien la fiscalité tout entière du loueur en meublé qui risque à terme d’être remise en cause, et non seulement le régime micro ou le traitement du loueur en meublé de tourisme.
Le Gouvernement a déclaré souhaiter une mission parlementaire consacrée à une réforme globale de la fiscalité des revenus immobiliers locatifs avec comme aboutissement des dispositions dans le projet de loi de finances pour 2025.
Le Conseil des prélèvements obligatoires a également rendu un rapport en novembre 2023 au sujet de la fiscalité des revenus locatifs où est réaffirmée la piste déjà mentionnée dans un rapport de janvier 2018 de mettre fin au régime particulier de la location meublée qui s’intégrerait alors au sein des revenus fonciers (https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-12/20231218-Fiscalite-du-logement-rapport-particulier-2.pdf). En compensation, la soumission à la CFE serait sans doute supprimée, et des dispositifs « grand-père » introduits, vraisemblablement en faveur des résidences services relevant de baux commerciaux.
Nous verrons si cela reste à l’état de rapport, comme de nombreux autres sujets, ou non. Dans tous les cas, un investisseur doit être attentif à l’actif qu’il acquiert, ici un logement, et non motiver un investissement seulement par un régime favorable qui peut être modifié d’un trait de plume.
Si l’investissement est bon, il le restera malgré le changement fiscal, et il existe bien souvent des remèdes qu’un bon conseiller fiscal saura apporter.