Transco : un dispositif méconnu mais éminemment adapté aux contraintes économiques et du marché de l'emploi
Porté par le ministère du Travail, du plein Emploi et de l’Insertion et co-construit avec les organisations syndicales et patronales, le dispositif « Transitions Collectives » a été lancé en janvier 2021 (https://transco.travail-emploi.gouv.fr/). Rapidement jugé trop complexe pour favoriser son déploiement, le dispositif a été complété (notamment par un volet mobilité professionnelle) et modifié par une instruction du 7 février 2022 (instr. DGEFP/2022/35 du 7 février 2022 abrogeant instr. DGEFP/SDPFC/MDFF 2021-13 du 11 janvier 2021, modifiée par instr. DGEFP/MFNE/2022/72 du 18 mars 2022).
Ce dispositif est adapté aux entreprises qui :
-pour certaines, souhaitent anticiper les mutations de leur marché du travail et opérer une restructuration à court terme ;
-pour d'autres, ne parviennent pas à couvrir leurs besoins de main-d'œuvre.
Pour assurer à leurs salariés une transition professionnelle sans rupture, c'est-à-dire sans période de chômage, les entreprises peuvent s'engager dans une démarche responsable, gagnant/gagnant, avec le dispositif de Transitions Collectives dit « Transco ».
Il permet aux salariés volontaires, dont l'emploi est menacé, de changer de métier en se positionnant sur un métier porteur dans un même bassin d'emploi.
Transco permet au salarié de profiter d'une reconversion sereine et préparée en conservant son contrat de travail et sa rémunération pendant la durée de sa formation. L'État prend en charge tout ou partie de la rémunération des salariés (y compris les charges sociales légales et conventionnelles) et du coût pédagogique des formations certifiantes.
Le dispositif Transco est une véritable passerelle permettant d'établir de manière anticipée le lien entre les entreprises dont certaines activités sont fragilisées, les salariés dont les emplois sont menacés et les entreprises qui recrutent sans nécessairement trouver de solutions adaptées en termes de compétences.
Transco se décline en deux volets :
-un premier volet « Transitions collectives-Transco » qui repose sur le support juridique du projet de transition professionnelle (PTP). Ce volet offre aux salariés la possibilité de réintégrer, s'ils le souhaitent, leur entreprise initiale à l'issue de la formation ;
-un deuxième volet « Transco-Congé de mobilité » qui s'appuie sur le congé de mobilité après la conclusion par l'entreprise d'un accord de rupture conventionnelle collective (RCC) ou de gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP).
À noter
Le volet Transitions collectives-Transco, dit Transco, sera ici privilégié.
Pour les entreprises de toute taille et de tout secteur d'activité qui ont un besoin de restructuration, Transco a pour double objectif de :
-protéger les salariés dont l'emploi est fragilisé, d’un risque de chômage, en les formant à un nouveau métier avec maintien de leur rémunération (maintien intégral si ≤ 2 SMIC et maintien limité à 90 % ou 60 % si > 2 SMIC avec un plancher de 2 SMIC), pendant toute la durée de la formation (24 mois maximum) ;
-aider les entreprises en pénurie de main-d'œuvre à recruter sur des métiers émergents ou en tension au sein de leur propre territoire.
Pour les salariés dont l'emploi est menacé, en raison, par exemple, d'une transition écologique ou numérique, Transco peut être la solution pour une reconversion professionnelle consensuelle et désirée.
Ce dispositif favorise ainsi les reconversions et la mobilité professionnelle, intersectorielle en particulier, à l'échelle du territoire.
Les priorités de Transco sont :
-faciliter les reconversions des salariés afin de prévenir le risque de déclassement ou l'entrée dans un chômage de longue durée ;
-amplifier l'effort de formation des salariés occupés sur un emploi fragilisé pour répondre aux besoins des entreprises en recherche de compétences.
Transco permet enfin de maintenir un certain équilibre au sein d'un même bassin d'emploi.