Un contribuable a ouvert un PEA-PME le 24 décembre 2015. Il y a inscrit le même jour 444 actions de la société non cotée B acquises auprès de la SARL A, dont il détenait, avec son épouse, la totalité du capital social et dont il était gérant, pour un montant global de 72 372 € inférieur au plafond de 75 000 € alors en vigueur.
Pour évaluer la valeur unitaire de l’action B à 163 €, le contribuable s’était basé sur la valeur nette comptable de la société B arrêtée au 31 décembre 2014 et retraitée afin de tenir compte des distributions de dividendes intervenues au cours de l’année 2015, d’une décote de 30 % prenant en compte sa position d’actionnaire minoritaire non dirigeant (il détenait 12 % du capital de la société B) et l’absence de liquidités des titres ainsi que les facteurs de risque pesant sur la société et son activité.
Puis, 6 mois plus tard, après avoir acquis via son PEA-PME 80 actions de la société C à 10 € par action, il a échangé ses 444 actions B évaluées alors 1 000 € chacune contre 44 400 actions de la société C, qu’il a revendues le 18 août 2017 pour un montant de 1 695 223 €, dégageant une plus-value exonérée d’impôt sur le revenu conformément à l’article 157, 5° bis du CGI.
Par une proposition de rectification du 7 décembre 2020, l’administration a considéré que le contribuable avait inscrit dans son PEA-PME les actions B à une valeur de convenance afin de contourner la règle de plafonnement des versements fixé alors à 75 000 € et a mis en œuvre la procédure de l’abus de droit fiscal (LPF art. L. 64).