Pour rappel, la pension de vieillesse de base au taux plein ne peut être inférieure à un montant minimal, dit « minimum contributif », qui tient compte de la durée d’assurance accomplie par l’assuré dans le régime général (c. séc. soc. art. L. 351-10).
Le montant du minimum contributif est majoré si la durée d'assurance ayant donné lieu à cotisations à la charge de l'assuré est d’au moins 120 trimestres (c. séc. soc. art. D. 351-2-2).
L'exposé des motifs du projet de loi rappelle qu'à l’origine, en 2003, le montant du minimum contributif majoré a été défini de telle sorte qu’un salarié à carrière complète, à temps complet et au SMIC puisse bénéficier d’une pension équivalente (de base + complémentaire) à 85 % du SMIC net. Mais son indexation sur l’inflation a conduit, depuis 2008, à un décrochage de son montant par rapport à ce montant référence.
Pour que ce principe devienne réellement effectif, le projet de loi prévoit une mesure de « rattrapage » pour les retraités concernés qui liquideront leur pension à compter du 1er septembre 2023.
Le gouvernement serait ainsi autorisé à revaloriser par décret le minimum contributif et sa majoration de 100 € par mois pour les assurés justifiant d’une carrière complète cotisée à temps plein au niveau du SMIC, de sorte à atteindre un montant minimal de pension (base + complémentaire) égal à 85 % du SMIC net (ce qui, à titre indicatif, aboutirait à une pension minimale de l’ordre de 1 200 € bruts par mois) (projet de loi art. 10, I, III et V).
Dans le détail, les 100 € se répartiraient ainsi : 25 € au titre du minimum contributif de base proratisé en fonction du nombre de trimestres validés et 75 € au titre du minimum contributif majoré, également proratisé en fonction du nombre de trimestres cotisés (étude d’impact, p. 105).
Pour les assurés qui ne justifieraient pas d’une carrière complète, la revalorisation se ferait au prorata de la durée d’assurance.
En outre, pour les pensions liquidées à compter du 1er septembre 2023, pour que tout futur retraité justifiant d’une carrière complète et à temps complet bénéficie aussi au moins de 85 % du SMIC net au moment de son départ en retraite, le montant du minimum contributif majoré serait à l’avenir indexé sur le SMIC. En revanche, une fois la pension liquidée, elle serait ensuite revalorisée en fonction de l’inflation, comme aujourd’hui (projet de loi art. 10, I, 2°, b et V).
Le comité de suivi des retraites serait chargé de surveiller que cette indexation permette d’atteindre cet objectif (projet de loi art. 10, I, 1°).