En matière de reconnaissance d’accident du travail, le certificat médical initial a une importance fondamentale, car c’est sur la base de la lésion renseignée par le médecin que la CPAM analysera l’existence ou non d’un fait accidentel soudain.
Il existe aujourd’hui une jurisprudence abondante des cours d’appel en matière de qualification de syndromes anxio-dépressifs en accident du travail. Ainsi, ont été qualifiés d’accident du travail :
-le « syndrome anxio-dépressif » survenu à la suite de mots blessants tenus par un directeur régional lors d’un déjeuner de travail destiné à évoquer certaines difficultés (CA Caen, ch. soc., 7 avril 2022, n° 19/02634) ;
-la « dépression réactionnelle » survenue après la tenue d’un entretien de reprise du travail faisant suite à une absence de 7 mois (CA Lyon, Protection soc., 9 mars 2021, n° 19/06794) ;
-l’« état de choc avec BDA [Bouffée délirante aiguë] » causé par la réception, pendant les congés payés, d’un courrier de convocation à entretien préalable avec mise à pied conservatoire (CA Montpellier, 3e ch. soc., 24 février 2021, n° 17/06593).
En revanche, la mention sur un certificat médical initial d’un « harcèlement » ne permet pas de caractériser un AT. En effet, la référence à un « harcèlement » laisse supposer une succession d’événements dans le temps, ce qui relève a priori davantage de la maladie professionnelle (CA Grenoble, ch. secu-fiva-cdas., 20 sept. 2022, n° 20/01559). Par ailleurs, une telle mention contrevient à l’évidence aux dispositions de l’article R. 4127-28 du code de la santé publique (voir § 10-2), ce qui expose le médecin à d’éventuelles poursuites disciplinaires.