Oser reprendre les calculs
Aussi, un premier conseil pour optimiser son index, est d’oser reprendre les calculs.
En effet, depuis 2019, sur la base des questions remontées par les entreprises, les consultants, les avocats et les partenaires sociaux :
-le ministère a affiné ses réponses (par exemple en supprimant la condition de présence de 6 mois pour l’indicateur relatif au congé de maternité) ;
-des formations ont eu lieu ;
-des livres spécialisés (cf. G. Campistron, Piloter le contrôle de gestion sociale, Revue Fiduciaire, 2022) décrivent précisément les éléments à prendre en compte et montrent avec des exemples les types de calcul à faire.
Aussi, sur les bases de ces nouveaux éléments, il ne faut pas hésiter à reprendre l’ensemble des calculs.
Piloter le contrôle de gestion sociale
De la maîtrise des coûts sociaux à la Performance RH
Guillaume Campistron est l’auteur d’un ouvrage intitulé « Piloter le contrôle de gestion sociale », réédité par la Revue Fiduciaire en juin 2022, qui a vocation à analyser toutes les facettes de cette fonction dans un esprit 100 % pratique grâce à un très grand nombre de graphiques, de tableaux de bord et de schémas venant illustrer les différentes thématiques abordées. Vous pouvez le commander en ligne sur notre boutique en suivant ce lien : https://boutique.grouperf.com/produit/piloter-le-controle-de-gestion-sociale-2022
Vérifier si les éléments de rémunération sont les bons ; il s’agit bien d’éléments de rémunération et pas seulement de paie. Il ne faut pas prendre en compte les éléments liés au poste (ex. : prime de salissure, de froid, etc.). Les points sur le CET (compte épargne-temps) ou les stock-options sont clairs aujourd’hui : on ne prend ni le CET, ni les stock-options.
Parmi les erreurs recensées, l’oubli de remonter les salaires et primes à 100 % pour des salariés ayant un temps réduit ou avoir choisi systématiquement l’année civile, alors que le décret permet de décaler la période de référence, ce qui peut avoir du sens en fonction des pratiques RH, car les résultats seront différents.
Vérifier si les calculs correspondent bien au décret. Le simulateur Egapro, mis à la disposition des entreprises par le ministère du Travail, fait les calculs directement via le site. Le problème est qu’il affiche uniquement les résultats, ce qui ne permet pas de voir les calculs. Il paraît préférable d’utiliser le tableur Excel ou son propre reporting, de manière à voir tous les calculs.
Parmi les erreurs recensées, à l’indicateur n° 4 retour de congé maternité, la salariée doit être de retour physiquement (attention aux congés payés et au congé parental), et même si elle n’a pas été prise dans le calcul de référence de l’indicateur n° 1, elle doit figurer dans le calcul.
Une autre erreur classique est le seuil de pertinence, avec 5 % ou 2 %. Les 5 % sont réservés aux entreprises qui appliquent les règles de base fixées par le décret et qui constituent donc leurs groupes de comparaison par catégorie socio-professionnelle (ouvriers employés, etc.), éventuellement avec des regroupements. Dès lors que l’entreprise choisit une autre classification, le seuil de pertinence passe à 2 % (voir § 7-10).
Si vous constatez des erreurs et que les nouveaux résultats donnent de meilleurs calculs, la question est : préférez-vous corriger ? Ou changer la méthode à compter de 2022 ? Tout dépendra de la hauteur des nouveaux résultats et de la position des anciens calculs par rapport aux seuils des 75 points et 85 points.
Si vous désirez corriger une année, vous en avez le droit, mais il va falloir passer devant le CSE et renvoyer à la DREES le détail des nouveaux calculs, puisque les informations transmises étaient erronées. Cette décision est à partager avec la direction, en particulier en fonction du climat social.