L’ANI du 19 juillet 2005 et celui du 26 novembre 2020 régissent les conditions de prise en charge des frais liés au télétravail.
En effet, l’ANI du 19 juillet 2005 (article 7) précise que : « L’employeur prend en charge, dans tous les cas, les coûts directement engendrés par ce travail, en particulier ceux liés aux communications ».
Au contraire, l’ANI du 26 novembre 2020 (article 3.1.5) indique que : « Il appartient ainsi à l’entreprise de prendre en charge les dépenses qui sont engagées par le salarié pour les besoins de son activité professionnelle et dans l’intérêt de l’entreprise, après validation de l’employeur ».
Cette dernière formulation peut sembler ambiguë tout en sachant que les deux ANI sont applicables et que celui du 26 novembre 2020 ne vient pas réviser sur ce point l’ANI du 19 juillet 2005. Toutefois, l’arrêté d’extension de l’ANI de 2020 comporte une réserve d’interprétation concernant cet article : la validation de l’employeur doit être interprétée comme étant préalable et non postérieure à l’engagement des dépenses par le salarié.
En tout état de cause, l’ANI de 2020 n’ayant pas révisé celui de 2005, ces deux rédactions qui apparaissent contradictoires demeurent néanmoins applicables.
En réalité, le débat ne porte pas tant sur l’existence d’une obligation de prise en charge mais bien plus sur la nature des frais remboursés par l’employeur dans le cadre du télétravail. Ce qui est certain, au travers de la jurisprudence relative à l’occupation du domicile du salarié à des fins professionnelles et à la demande de l'employeur, c’est que « si le salarié […] accède à la demande de son employeur, ce dernier doit l'indemniser de cette sujétion particulière ainsi que des frais engendrés par l'occupation à titre professionnel du domicile » (cass. soc. 7 avril 2010, n° 08-44865, BC V n° 86). Pas de doute ici, si l’employeur prend l’initiative du télétravail, les frais qu’il doit rembourser ont bien le caractère de frais professionnels. Dès lors, en cas de circonstances exceptionnelles, la prise en charge semble ainsi obligatoire et les remboursements ont bien le caractère de frais professionnels.
L’acte fondateur (accord collectif ou à défaut une charte) devrait, préciser les modalités et conditions de prise en charge des frais engagés par un salarié dans le cadre du télétravail. Pour autant, la question de la qualification des dépenses engagées par le salarié demeure.