Contrôle des indemnisations demandées
Les enquêteurs chercheront à vérifier si les heures chômées déclarées et indemnisées correspondent bien à la réalité. Pour ce faire, les contrôleurs disposeront :
-d’un contrôle sur pièces ;
-et du recoupement d’informations, via la collaboration entre services comme les URACTI (unités de contrôle à compétence régionale chargée de la lutte contre le travail illégal), les URSSAF, les CODAF (comités opérationnels départementaux anti-fraude réunissant la police, la gendarmerie, les administrations préfectorales, fiscales, douanières et du travail, Pôle emploi, URSSAF, caisses d’allocations familiales, d'assurance maladie et de retraite, le régime social des indépendants, la MSA), le GNVAC (Groupe national de veille et d’appui et de contrôle) et l’OCLTI (Office central de lutte contre le travail illégal).
Les inspecteurs vont partir de l’analyse des bulletins de paie pour vérifier en pratique leur réalité.
À cet effet, l’Administration dispose de nombreux moyens :
-accessibilité par le ministère du travail aux inscriptions des informations sur les bulletins de paie : l’administration a rappelé dans sa fiche technique du 3 avril 2020 qu’« afin de faciliter le travail d’étude statistique et le contrôle des Unités départementales des Direccte, les informations inscrites sur le bulletin de paie, notamment celles relatives à l’activité partielle, sont désormais accessibles au ministère du Travail, dans le respect du régime de protection des données à caractère personnel ».
-signalement : le ministère du Travail demande aux Direccte de traiter rapidement et systématiquement tout signalement transmis par les salariés, les organisations syndicales de salariés ou les CSE ;
-auditions des salariés par les inspecteurs du travail.
Par ailleurs, les inspecteurs du travail peuvent avoir accès à l'ensemble des livres, registres et documents rendus obligatoires par la réglementation en vigueur, comme :
-le registre unique du personnel ;
-les contrats de travail des salariés, et les bulletins de salaire ;
-tout document permettant de vérifier le respect des obligations sur le temps de travail (horaire collectif, décompte congés payés, RTT, fiches de suivi du temps de travail, plannings…) ;
-le registre du CSE/PV du CSE.
L’agent de contrôle peut également exiger d’autres éléments ou documents lui permettant de vérifier le respect de l’application des dispositions relatives à la lutte contre le travail illégal (c. trav. art. L. 8271-6-2).
Exemple
Les enquêteurs pourront par exemple regarder le volume de mails échangés dans l’entreprise pendant la période de mise au chômage partiel, analyser les heures et les jours des mails échangés par les salariés (début et fin de journée).
Les enquêteurs pourront demander aux entreprises de rapporter la preuve de l’organisation du travail mise en place dans l’entreprise pendant le chômage partiel, la preuve de l’information précise des salariés sur cette organisation d’urgence pendant la crise sanitaire, la preuve de la consultation du CSE sur cette organisation pour les entreprises de plus de 50 salariés non dotés d’un PV de carence.
Ils vérifieront notamment que les demandes d’heures indemnisables n’ont pas été estimées « à la louche » en fonction de la perte du chiffre d’affaires, sans correspondre à une réduction du temps de travail réelle des salariés consécutive à la baisse d’activité.
Exemple
Ainsi, à titre d’exemple, ils vérifieront si les entreprises n’ont pas déclaré une réduction de temps de travail correspondant à une baisse des commandes sans pour autant informer les salariés de leur placement en chômage partiel, ni des modalités de la réduction de leur temps de travail, laissant ainsi les salariés dans l’ignorance des plages horaires travaillées et des plages horaires chômées afin qu’ils continuent à travailler sur une base de travail non réduite.