Adapter les normes au contexte
D’abord, adapter en permanence les normes au contexte, à son évolution ainsi qu’aux projets.
Le tissu conventionnel y joue un rôle essentiel, aussi bien par la durée limitée des accords et leur évolution dans le temps que par l’affinage des normes naissant du pouvoir unilatéral de l’employeur. On voit ici l’intérêt de la complémentarité entre négociation et concertation, donc entre acteurs de l’accord et rôle du CSE. Il n’est pas inutile de souligner que les partenaires sociaux dans l’entreprise (voire dans la branche) peuvent conférer à cette institution unique le pouvoir de négociation (c’est le conseil d’entreprise, dans la terminologie des ordonnances Macron), en faisant alors un « conseil d’administration de la collectivité de travail ». Il faudrait toutefois que, à l’instar du « Betriebsrat » Allemand, l’employeur en sorte, ce qui reste une évolution à mener.
Cela implique que dirigeants et représentants des organisations syndicales dominent la technique contractuelle, ce qui suppose des actions de formation en conséquence.
Négocier ne relève pas de la science infuse ; ainsi sont trop souvent considérés comme des clauses de style des dispositifs essentiels pour non seulement optimiser les chances de conclure, mais encore construire un dispositif de qualité. D’où l’importance de l’accord de méthode, du préambule, d’une réflexion sur la durée de l’accord, sa révision, son interprétation, sur les clauses de suivi, de dénonciation, de mise en œuvre, du règlement préventif et amiable des litiges etc. C’est d’ingénierie juridique qu’il faut se préoccuper et point n’est besoin pour cela d’être un universitaire.
La gestion préventive des risques
Le second point de préoccupation concerne la gestion préventive des risques juridiques.
De nombreux outils existent qui ne sont pas utilisés ou, s’ils le sont, sont appréhendés pour des finalités erronées. Exemples : la délégation de pouvoirs – l’audit social – l’évaluation de la réalité du risque (les effets ne sont pas identiques s’il est pénal ou non et s’il conduit à la nullité ou seulement à dommages et intérêts), l’intensité de l’information pour améliorer l’effectivité des dispositifs.
Cela implique le souci d’une approche globale et pas seulement thématique des avantages à créer, en particulier au regard des objectifs poursuivis. Par exemple, échanger garantie de l’emploi contre baisse momentanée des salaires et des temps de travail est concevable, y compris sur le plan moral, mais cela suppose une parfaite connaissance (pratique) du contexte, donc des moyens de favoriser à la fois équilibre des pouvoirs et comportement loyal des acteurs, inspiré d’un souci d’exécution de bonne foi de ce qui a été mis en place.