L’inscription non justifiée en provision d’une somme pendant plusieurs exercices successifs, même si les montants sont identiques, constitue la répétition d’une erreur. En effet, tirant argument de l’obligation comptable incombant à l’entreprise d’examiner à la clôture de chaque exercice si la provision doit être maintenue en l’état, ou faire l’objet d’une dotation complémentaire ou bien d’une reprise, le Conseil d’État a jugé que l’erreur est ainsi commise non seulement lors de la comptabilisation initiale de la provision irrégulière, mais est également répétée dans chaque bilan suivant (CE 11 mai 2015, n° 370533 ; voir FH 3708, §§ 1-1 et s.).
Par suite, même lorsque l’erreur a été commise pour la première fois au cours d’un exercice clos plus de 7 ans avant l’ouverture du premier des exercices non prescrits, elle ne peut pas être corrigée dans le bilan d’ouverture du premier de ces exercices.
La décision de Conseil d’État concerne toutes les provisions irrégulières inscrites au bilan depuis plus de 7 ans et maintenues dans les bilans suivants, quels que soient la date initiale de leur comptabilisation et le motif de leur irrégularité. Elle prive ainsi de portée l’exception prévue par la loi pour les erreurs commises depuis plus de 7 ans et permet donc à l’administration corriger l’erreur dans le premier exercice non atteint par la prescription.